Une situation qui suscite l'indignation dans le quartier zurichois de Seebach. En 2022, plusieurs occupants d'un immeuble ont reçu un congé de leur bailleur, motivé par un projet de rénovation d'envergure. Les locataires ont alors libéré les lieux, croyant à des travaux nécessaires. Pourtant, plus de trois années se sont écoulées sans qu'aucun chantier ne soit entrepris.

Une découverte surprenante

C'est en consultant la plateforme de réservation Booking que l'un des anciens locataires a fait une découverte troublante : son ancien appartement y est proposé à la location, mais à un tarif touristique. Selon les informations disponibles, le prix demandé est environ cinq fois supérieur au loyer qu'il payait auparavant, soit une hausse de 400 %. L'annonce décrit le logement comme un hébergement de vacances, meublé et prêt à accueillir des voyageurs.

Des travaux jamais réalisés

Interrogés sur le retard des rénovations, les représentants du propriétaire n'ont pas fourni de calendrier précis. Aucun permis de construire ni autorisation de travaux n'auraient été déposés auprès de la municipalité de Zurich. Cette absence de démarche administrative renforce le sentiment d'une manœuvre visant à transformer un logement locatif classique en meublé touristique lucratif.

Un phénomène qui interroge

Ce cas illustre une pratique de plus en plus contestée dans les grandes villes suisses : l'utilisation de motifs de rénovation pour évincer des locataires, puis la conversion des biens en locations de courte durée. À Zurich, où la pénurie de logements est chronique, ce type de procédé aggrave la tension sur le marché locatif. Les associations de défense des locataires dénoncent régulièrement ces procédures, qu'elles estiment abusives.

Des recours possibles

Les locataires concernés envisagent de saisir la commission de conciliation en matière de baux à loyer. Selon le droit suisse, un congé donné pour cause de travaux peut être contesté si les travaux ne sont pas réalisés dans un délai raisonnable. Dans l'attente d'une issue juridique, l'appartement continue d'être proposé sur Booking, suscitant l'incompréhension et la colère des anciens occupants.