Alors qu’une nouvelle vague de chaleur frappe le pays, Édouard Philippe a fait du changement climatique un axe majeur de sa campagne. Dans une série de propositions diffusée sur les réseaux sociaux, l’ancien Premier ministre et candidat à l’Élysée juge que « nous n’allons pas assez vite et il nous faudra aller plus loin » en matière d’adaptation au réchauffement.

Parmi les mesures phares, il appelle à « climatiser massivement les infrastructures qui accueillent des personnes fragiles » : écoles, crèches, hôpitaux. Pour financer ces équipements, il propose de doubler les crédits du Fonds vert, qui s’élèvent à 837,5 millions d’euros en 2026, et de le recentrer sur l’adaptation et la climatisation des bâtiments publics. Il souligne que la France dispose d’une électricité décarbonée grâce au nucléaire, et mentionne la géoénergie, une piste également évoquée par Gabriel Attal.

Un « plan baignade national » et une réorganisation administrative

Édouard Philippe souhaite aussi « nous réapproprier notre patrimoine aquatique » en lançant un « plan baignade national ». Il cite l’exemple de la Seine et de la Marne, rendues à la baignade pour les Jeux olympiques de Paris après un siècle d’interdiction, et propose d’étendre cette démarche à toutes les rivières urbaines, tout en investissant dans les piscines publiques.

Sur le plan de l’aménagement, il préconise de « repenser les villes pour donner un accès à tous aux points d’ombre, multiplier les plantations d’arbres, être innovants dans la construction et l’aménagement, supprimer les règles d’urbanisme qui entravent nos efforts d’adaptation ». Il annonce la création d’une « DATAR 2.0 » – direction de l’aménagement du territoire et de l’adaptation au réchauffement – qui regrouperait plusieurs agences existantes et mobiliserait des milliers de techniciens pour accompagner les collectivités dans la construction de digues, retenues d’eau et autres infrastructures.

Ces propositions interviennent dans un contexte de canicule persistante, alors que le débat politique s’intensifie entre les partisans de solutions techniques (climatisation) et ceux qui défendent des congés climatiques ou des réorganisations du travail. Édouard Philippe, en se rangeant clairement du côté de l’investissement dans des équipements durables et de la réorganisation territoriale, cherche à occuper le terrain de l’adaptation concrète face aux épisodes de chaleur extrême.