Alors que la France subit une nouvelle vague de chaleur et que le débat politique s'intensifie sur les mesures à prendre, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe a avancé une série de propositions structurantes. Il prône à la fois la création d'une « DATAR 2.0 », un outil d'aménagement du territoire revu pour l'ère climatique, et le déploiement systématique de la climatisation dans les lieux publics.

Une relance de l'aménagement du territoire

Édouard Philippe estime que l'État doit réinvestir le champ de la planification territoriale face au réchauffement. Il appelle à la mise en place d'une instance qu'il nomme « DATAR 2.0 », en référence à la Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale (DATAR) créée en 1963. Selon lui, cet organisme aurait pour mission d'impulser des politiques cohérentes d'adaptation au changement climatique à l'échelle des territoires, en coordonnant urbanisme, végétalisation, gestion de l'eau et implantation d'équipements de rafraîchissement. L'objectif affiché est de sortir d'une logique de réaction au coup par coup face aux canicules pour adopter une approche anticipatrice et systémique.

Climatisation des lieux publics : un objectif prioritaire

Le second volet de ses propositions concerne l'équipement des bâtiments publics. Édouard Philippe préconise un plan généralisé d'installation de climatisation dans les écoles, les crèches, les hôpitaux, les maisons de retraite et les administrations. Il justifie cette orientation par la nécessité de protéger les populations les plus vulnérables lors des pics de chaleur. Cette position le distingue du gouvernement actuel, qui a jusqu'à présent misé sur un plan « endurance » centré sur l'adaptation des logements et une gestion flexible déléguée aux collectivités locales, tout en appelant à un « débat de bon sens » sur la climatisation, comme l'a fait le ministre Sébastien Lecornu.

Un débat politique qui s'anime

Ces annonces interviennent dans un contexte où le thème de l'adaptation à la canicule polarise la vie politique à l'approche de la présidentielle. Plusieurs voix s'élèvent pour critiquer le recours systématique à la climatisation, jugée énergivore et contre-productive à long terme. Le président des Entrepreneurs, par exemple, s'est opposé à l'idée d'un congé climatique, déclarant qu'il faut « arrêter de toujours penser que la solution est de travailler moins ». Monique Barbut, de son côté, réclame un plan de financement dédié à l'adaptation et anticipe une troisième vague de chaleur persistante jusqu'à la mi-juillet.

Édouard Philippe s'inscrit donc en rupture avec une partie du débat public, en choisissant d'assumer ouvertement le développement de la climatisation comme outil de protection collective, tout en l'inscrivant dans une stratégie d'aménagement plus large. Reste à savoir si cette approche trouvera un écho dans les futures décisions de l'exécutif.