L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a exprimé son indignation face à la diffusion d'un faux témoignage dans une émission de M6 consacrée à l'affaire Xavier Dupont de Ligonnès. Dans une déclaration transmise à la presse, le gendarme des médias indique qu'il va « se pencher sur la séquence » litigieuse.
« Nous ne pouvons qu'être choqués », a réagi le régulateur, marquant sa désapprobation après que la chaîne a diffusé le récit d'une personne affirmant avoir croisé le fugitif. Or, selon les informations recueillies par les enquêteurs et les révélations ultérieures, ce témoignage s'est avéré être une fabrication. L'identité du témoin et les circonstances précises de cette supercherie n'ont pas été communiquées par l'Arcom, qui se concentre sur l'analyse du contenu diffusé.
Une procédure ouverte
L'Arcom a précisé qu'elle allait étudier la séquence incriminée dans le cadre de ses missions de contrôle des programmes. L'instance dispose du pouvoir de sanctionner les chaînes en cas de manquement à leurs obligations déontologiques, notamment en matière de véracité des informations et de respect du public. La décision finale pourrait aller d'un simple avertissement à une amende, voire à une suspension de diffusion.
Cette réaction intervient après la diffusion d'un « témoignage exclusif » sur M6, dans lequel un homme assurait avoir vu Xavier Dupont de Ligonnès à l'étranger. Des vérifications menées par les autorités judiciaires ont rapidement démontré que cette déclaration était infondée. La chaîne n'a pas encore commenté officiellement l'ouverture de cette procédure.
Un contexte sensible
L'affaire Dupont de Ligonnès, qui a débuté en 2011 avec le massacre de cinq membres d'une même famille à Nantes, continue de susciter un fort intérêt médiatique et populaire. Le principal suspect, Xavier Dupont de Ligonnès, demeure introuvable malgré des années d'enquête. Cette traque médiatique a parfois donné lieu à des dérives, comme en témoigne cet incident.
L'Arcom, garante de l'honnêteté des programmes, entend ainsi rappeler aux diffuseurs leur responsabilité en matière de vérification des sources. L'instruction du dossier devrait prendre plusieurs semaines, à l'issue desquelles le régulateur rendra ses conclusions.