Ferrari a levé le voile sur la Luce, son premier modèle zéro émission, lors d’une présentation le 25 mai 2026. Ce véhicule, dont le nom signifie « Lumière » en italien, est un cinq places qui incarne l’un des paris les plus audacieux de l’histoire de la marque de Maranello. Les ingénieurs de la firme affirment avoir conçu une voiture de sport capable de conserver des performances élevées en virage malgré le poids supplémentaire d’une batterie et de circuits électriques dépassant une demi-tonne, intégrés dans le plancher.

Le prix de la Luce est fixé aux alentours de 550 000 euros, un montant qui la destine à une clientèle d’ultra-riches. Ce positionnement intervient alors que le segment des voitures électriques haut de gamme traverse une période de ralentissement, plusieurs constructeurs traditionnels ayant revu à la baisse leurs ambitions en matière d’électrification. Ferrari elle-même a ajusté ses objectifs ces derniers mois, signe des difficultés à concilier identité sportive, contraintes technologiques et transition énergétique.

Un défi technique et d’image

Avec la Luce, Ferrari doit convaincre une clientèle fidèle au V12 et au bruit du moteur thermique que l’électrique peut offrir l’émotion de conduite propre à la marque. Le constructeur mise sur une architecture batterie innovante et un système de refroidissement performant pour maintenir la tenue de route et l’accélération brutale qui font sa réputation. La capacité à négocier des virages à haute vitesse malgré le poids important des batteries est présentée comme une prouesse d’ingénierie.

Le marché des voitures électriques de luxe connaît une croissance moins rapide qu’espéré, avec des ventes en deçà des prévisions pour plusieurs modèles de concurrents comme Bentley, Rolls-Royce ou Porsche. Ferrari, qui écoulait jusqu’ici des modèles hybrides rechargeables, franchit un cap en abandonnant totalement le moteur à combustion sur un modèle.

Un contexte industriel incertain

Le lancement de la Luce s’inscrit dans un environnement où les constructeurs traditionnels de voitures de luxe « tâtonnent sur l’électrification », pour reprendre le constat partagé par de nombreux observateurs. La décision de Ferrari de maintenir un prix très élevé vise à préserver l’exclusivité de la marque tout en amortissant les coûts de développement, qui ont été considérables. Le modèle devra séduire une clientèle fortunée, souvent équipée de plusieurs véhicules, pour qui le passage à l’électrique n’est pas une nécessité.

Ferrari n’a pas communiqué de date de livraison précise ni de volume de production pour la Luce, mais les premières commandes devraient ouvrir prochainement. La réussite de ce modèle pourrait influencer la stratégie des autres constructeurs italiens et européens de luxe, hésitants face à l’électrification. L’enjeu est double : technologique, pour prouver que l’électrique peut égaler les performances des moteurs thermiques, et commercial, pour justifier un prix qui dépasse largement celui des modèles thermiques actuels de la gamme.