Ferrari a officialisé le départ de son directeur marketing et commercial, Enrico Galliera, seize ans après son arrivée au sein du groupe. Cette décision intervient moins de deux mois après la révélation de la Luce, le premier modèle 100 % électrique du constructeur de Maranello, dont le lancement a suscité de vives critiques.
La marque a indiqué que Galliera avait « décidé d'ouvrir un nouveau chapitre de son parcours professionnel – une décision partagée avec l'entreprise il y a quelque temps ». Le PDG, Benedetto Vigna, a salué son travail, affirmant qu'il « a joué un rôle significatif dans la croissance de l'entreprise et dans le renforcement de la marque Ferrari dans le monde entier ». Galliera n'a pas ajouté de commentaire au-delà du communiqué.
Un remplaçant venu de BMW
Pour succéder à Galliera, Ferrari a nommé Massimiliano Di Silvestre, ancien président et directeur général de BMW Group Italy. Il prendra ses fonctions à compter du 1er juillet. Di Silvestre connaît bien l'industrie automobile et arrive avec une expérience dans le secteur du luxe et de la performance.
Galliera occupait son poste depuis 2010. Sous sa responsabilité, Ferrari a géré avec une extrême sélectivité l'accès à ses modèles les plus convoités, une stratégie de rareté qui a contribué à l'attrait de la marque. Il a également été étroitement impliqué dans des moments clés de l'histoire récente du constructeur : le lancement de la LaFerrari, premier hypercar hybride de série, en 2013, puis l'introduction en Bourse à New York et à Milan en 2015-2016.
Un lancement sous le feu des critiques
Le départ intervient dans un contexte délicat pour Ferrari. La Luce, dévoilée en mai 2026, a été très mal accueillie par les fans et les observateurs. Son design, confié à l'ancien designer d'Apple Jony Ive, a provoqué une avalanche de moqueries sur les réseaux sociaux et une pluie de mèmes. L'ancien président du groupe et actuel vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, a lui-même critiqué ouvertement l'esthétique du véhicule.
Le lendemain de la présentation, l'action Ferrari a chuté de 8 % à la Bourse de Milan. Le prix de vente de la Luce a été fixé à 550 000 euros, avec des livraisons prévues à partir du quatrième trimestre 2026.
Bien que Ferrari n'ait pas établi de lien officiel entre la controverse et le départ de Galliera, le calendrier rapproché des deux événements alimente les spéculations. Officiellement, la marque évoque une « coïncidence ». Certains analystes estiment toutefois que la réaction négative du public a pu précipiter une décision qui était déjà en préparation.
La Luce devait incarner la transition de Ferrari vers l'électrification sans trahir son ADN de performance et d'exclusivité. Mais les critiques sur son apparence et son positionnement ont montré les difficultés du constructeur à convaincre sa clientèle traditionnelle du bien-fondé de ce virage technologique.