La finale de la Ligue des champions remportée par le Paris-Saint-Germain face à Arsenal, samedi 30 mai, a donné lieu à des scènes de liesse populaire mais aussi à des débordements. Alors que plusieurs milliers de supporters s'étaient rassemblés aux abords du Parc des Princes et dans les rues de la capitale, des tensions ont éclaté dans la soirée, conduisant à des interpellations par les forces de l'ordre.

Selon des témoignages sur place, des groupes de personnes ont provoqué des altercations et dégradations dans le quartier du stade et sur certains axes de l'ouest parisien. Des poubelles ont été renversées et des feux allumés, tandis que des projectiles ont été lancés en direction des policiers et gendarmes déployés. Ces derniers ont procédé à plusieurs arrestations pour tenter de contenir les incidents. Le bilan précis des interpellations n'a pas été communiqué dans l'immédiat par les autorités.

Un dispositif de 22 000 membres des forces de l'ordre

Ce déploiement faisait suite à une décision prise en amont par le ministère de l'Intérieur, qui avait annoncé la mobilisation de 22 000 policiers et gendarmes sur l'ensemble du territoire, dont 8 000 dans la seule agglomération parisienne. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait justifié cet effectif par un risque de « personnes qui viennent pour faire dégénérer la fête », s'appuyant sur des informations des services de renseignement. Il avait estimé que la probabilité d'incidents était « assez forte ». L'ancien directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, avait également alerté sur le fait que « selon les services de renseignement, il y aura des gens qui viendront gâcher la fête ».

Pas de fan zone ni de parade à Paris

Paradoxalement, aucune fan zone officielle n'avait été organisée à Paris pour retransmettre le match. Cette absence avait été critiquée par la droite parisienne, qui dénonçait un manque de concertation dans la préparation des festivités. Laurent Nuñez a toutefois affirmé qu'il n'y avait « pas de raison » d'annuler la parade de la victoire prévue sur le Champ-de-Mars, au pied de la tour Eiffel. Celle-ci doit permettre aux supporters de célébrer le titre avec les joueurs.

Des réactions politiques contrastées

Dans les jours précédant la finale, plusieurs responsables politiques avaient pris position sur le dispositif sécuritaire et les risques de débordements. Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, avait déclaré sur une chaîne d'information : « Nous devons permettre aux Français de faire la fête sereinement et avoir une réponse ferme face à une minorité visible qui veut casser, piller, fracasser ». L'éditorialiste Michel Taube, invité d'un autre média, avait pour sa part estimé que « les débordements sont une exception française » et suggéré que « le PSG pourrait participer au financement du déploiement du dispositif sécuritaire ».

Dans son éditorial matinal, Pascal Praud avait exprimé une pensée pour les policiers et formulé le vœu que le dispositif de Laurent Nuñez soit « efficace ». Les faits de la soirée montrent que, malgré la mobilisation exceptionnelle, des incidents ont bien eu lieu. Les interpellations effectuées par les forces de l'ordre visent, selon les premiers éléments, des personnes accusées de violences, de dégradations ou de participation à un attroupement armé.

La parade sur le Champ-de-Mars maintenue

Alors que la nuit de célébration a été émaillée de tensions, la question du maintien de la parade officielle sur le Champ-de-Mars se posait ce dimanche matin. Le ministre de l'Intérieur a déjà indiqué qu'il n'y voyait pas de raison de l'annuler, tout en appelant à la responsabilité des supporters pour que la fête reste pacifique. La maire de Paris, qui avait soutenu la tenue de cet événement, n'a pas réagi aux incidents dans l'immédiat. Les autorités locales et nationales devraient faire un point complet sur le bilan des interpellations et des dégâts dans les prochaines heures.