Un nouveau record pour le financement des énergies fossiles
Les soixante-cinq plus grandes banques de la planète ont consacré 906 milliards de dollars (environ 783 milliards d'euros) au secteur des énergies fossiles en 2025, selon le dernier rapport « Banking on climate chaos », publié ce 9 juin par huit organisations non gouvernementales, dont l'association française Reclaim Finance. Ce montant constitue une progression de 8 % par rapport à 2024. Les auteurs du rapport soulignent qu'il s'agit de la deuxième année consécutive de hausse de ces financements, ce qu'ils jugent contraire aux engagements climatiques.
Plus de la moitié de ces sommes, précisent-ils, ont bénéficié à des entreprises qui développent de nouveaux projets d'extraction ou d'infrastructures fossiles, alors que les scientifiques estiment nécessaire de cesser tout nouveau gisement pour limiter le réchauffement climatique.
Les banques américaines en tête, le gaz naturel liquéfié en forte expansion
Les institutions financières américaines sont celles qui contribuent le plus massivement à ce financement. JPMorgan arrive en tête avec 58 milliards de dollars injectés dans les énergies fossiles en 2025. Les entreprises étasuniennes sont également les principales bénéficiaires de ces capitaux. Reclaim Finance note que, sous l'impulsion de l'administration Trump, « le gaz naturel liquéfié connaît un développement sans précédent », ce qui alimente cette dynamique.
France : une baisse globale, mais la Société générale en hausse
Du côté des banques françaises, la tendance est contrastée. Globalement, les établissements hexagonaux ont réduit leurs financements destinés à l'expansion des énergies fossiles : 16 milliards de dollars en 2025, contre 18 milliards en 2024. Le Crédit agricole et BNP Paribas affichent une diminution « marquée et continue depuis 2021 » de leur exposition aux secteurs pétrolier et gazier, selon le rapport. Le groupe BPCE est en revanche jugé dépourvu d'engagements « pouvant garantir une baisse pérenne de ses soutiens ».
Seule la Société générale a vu ses concours augmenter. L'ONG Reclaim Finance indique que la banque a accru de 29 % son soutien à la production pétrolière et gazière, de 95 % celui destiné aux nouvelles infrastructures de transport, et de 101 % les aides aux nouvelles centrales à gaz. Elle est également devenue, en 2025, le premier soutien bancaire de l'entreprise TotalEnergies.
Des signaux encourageants mais insuffisants
Si les auteurs du rapport saluent les efforts de certaines banques françaises, ils estiment que l'ensemble du secteur bancaire mondial continue d'aller « dans la mauvaise direction ». La hausse globale de 8 % des financements fossiles contredit les objectifs de l'accord de Paris et les recommandations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Les ONG appellent les institutions financières à cesser tout nouveau financement de projets d'expansion fossile et à aligner leurs portefeuilles sur une trajectoire de neutralité carbone.