Un conseiller influent du maire de Manchester, Andy Burnham, a pris ses distances avec l’appel des syndicats en faveur d’un alourdissement de la fiscalité pesant sur les banques du Royaume-Uni. Ce désaccord intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le secteur bancaire et les organisations syndicales, ces dernières estimant que les établissements financiers doivent contribuer davantage au financement des services publics.
Les syndicats, qui représentent une partie des salariés du secteur, jugent que les banques britanniques, dont les profits ont été soutenus ces dernières années par la hausse des taux d’intérêt, disposent d’une marge de manœuvre suffisante pour supporter un prélèvement supplémentaire. Des établissements comme NatWest, Lloyds et Barclays ont en effet vu leurs résultats gonflés par le resserrement monétaire, ce qui a relancé le débat sur une éventuelle « taxe raid » ciblant le secteur.
Cependant, le conseiller de Burnham – dont le nom n’a pas été divulgué – a clairement indiqué qu’une telle hausse d’impôt n’était pas la bonne approche. Selon des propos rapportés, il aurait fait valoir que des charges fiscales accrues risqueraient de freiner l’investissement et de nuire à la compétitivité de la place financière londonienne. Cette prise de position semble éloigner le maire de Manchester des revendications portées par les syndicats, alors que Burnham est souvent perçu comme une figure de l’aile gauche du Parti travailliste.
Un dossier qui divise
Le débat sur la taxation des banques n’est pas nouveau outre-Manche. Depuis la crise financière de 2008, plusieurs gouvernements ont instauré des taxes spécifiques sur les bilans bancaires, mais leur montant et leur périmètre font régulièrement l’objet de controverses. Aujourd’hui, alors que le coût de la vie reste élevé et que les finances publiques sont sous pression, les syndicats estiment que le moment est venu d’alourdir la contribution des banques.
De leur côté, les représentants du secteur bancaire mettent en garde contre les conséquences d’une mesure qu’ils jugent punitive. Ils soulignent que les banques britanniques sont déjà parmi les plus imposées d’Europe et qu’un nouveau prélèvement pourrait les inciter à délocaliser leurs activités ou à réduire leurs prêts aux entreprises et aux particuliers.
Une position qui pourrait peser
L’intervention de ce conseiller proche d’Andy Burnham pourrait avoir un poids important dans les discussions à venir, notamment si le maire de Manchester venait à jouer un rôle accru dans les orientations économiques du Labour. En prenant ses distances avec la demande syndicale, il envoie un signal aux milieux d’affaires et pourrait contribuer à modérer les positions du parti sur la fiscalité des banques.
Pour l’heure, aucun texte législatif concret n’est sur la table, mais le sujet devrait rester au cœur des débats entre le gouvernement, les banques et les syndicats dans les prochains mois. Les prochaines annonces budgétaires seront scrutées de près pour voir si l’exécutif choisit de suivre la voie préconisée par les syndicats ou celle défendue par les conseillers de Burnham.