Un an après son rachat par le groupe Europlasma, la Fonderie de Bretagne, installée à Caudan dans le Morbihan, se trouve une nouvelle fois dans une situation critique. L'entreprise a été placée en redressement judiciaire, une procédure qui menace directement 245 emplois.

La décision a été officialisée par le tribunal de commerce, qui ouvre une période d'observation pour tenter de trouver une solution de restructuration ou de reprise. La direction de la fonderie, spécialisée dans la production de pièces pour l'industrie ferroviaire et l'énergie, a justifié cette demande par des difficultés financières persistantes, malgré les promesses de relance faites lors de la reprise en 2025.

Des difficultés structurelles

Le groupe Europlasma, qui avait acquis la fonderie en juin 2025, s'était engagé à injecter des capitaux et à moderniser l'outil de production pour redresser l'entreprise. Cependant, les résultats escomptés ne se sont pas concrétisés. La conjoncture économique, marquée par la hausse des coûts de l'énergie et des matières premières, a fragilisé davantage une société déjà sous perfusion financière.

Les responsables d'Europlasma pointent du doigt un carnet de commandes insuffisant et une concurrence internationale accrue, notamment de la part d'acteurs asiatiques. Les investissements réalisés n'auraient pas permis d'atteindre le seuil de rentabilité nécessaire à la pérennité de l'activité.

L'avenir des salariés en suspens

Pour les 245 employés de la Fonderie de Bretagne, l'annonce du redressement judiciaire est un coup dur. Beaucoup avaient placé leurs espoirs dans la reprise par Europlasma, après plusieurs années d'incertitudes sous le précédent actionnaire, le groupe Renault. Un plan de sauvegarde de l'emploi pourrait être envisagé si aucun repreneur viable ne se manifeste durant la période d'observation.

Les syndicats, de leur côté, dénoncent un manque de transparence de la direction et réclament des garanties sur le maintien des emplois. Ils appellent les pouvoirs publics à intervenir pour sauver ce site industriel historique de la Bretagne.

Un dossier sensible pour le gouvernement

La Fonderie de Bretagne est un symbole de la désindustrialisation de la région. Sa fermeture potentielle serait un échec pour les politiques de réindustrialisation menées par l'État. Le ministère de l'Économie a indiqué suivre le dossier avec attention et se tenir prêt à faciliter les discussions entre les différentes parties prenantes.

La période d'observation, qui s'ouvre ce jour, devrait durer plusieurs mois. Le tribunal de commerce se donne le temps d'examiner les offres de reprise éventuelles et d'évaluer la viabilité d'un plan de continuation.