Moins d'un an après avoir été reprise, la Fonderie de Bretagne (FDB) se trouve à nouveau dans une situation critique. L'entreprise, qui emploie 245 personnes sur son site de Caudan (Morbihan), a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lorient. Un sursis de deux semaines lui a été accordé pour trouver trois millions d'euros, faute de quoi la procédure pourrait déboucher sur une liquidation.
Un délai jusqu'au 17 juillet
L'audience s'est tenue le 3 juillet 2026 devant le tribunal de commerce de Lorient, où s'étaient rassemblés des employés et des syndicalistes de la CGT. La juridiction a donné à la fonderie jusqu'au 17 juillet 2026 pour présenter un plan de financement. « Ça sera la liquidation », a prévenu la direction, si cette somme n'est pas rassemblée à temps.
La décision accorde un répit à l'entreprise, mais les perspectives restent sombres. Les représentants syndicaux et les salariés, qui se sont mobilisés devant le palais de justice, redoutent que ce nouveau délai ne fasse que repousser l'échéance sans apporter de solution durable.
Une reprise éclair par Europlasma
La Fonderie de Bretagne avait été reprise en juillet 2025 par le groupe Europlasma, spécialisé dans le traitement des déchets et la métallurgie. Cette reprise était alors présentée comme une bouffée d'oxygène pour un site industriel historiquement fragile. L'activité principale de l'usine est la fabrication de pièces en fonte destinées au secteur ferroviaire et à d'autres industries mécaniques.
Mais les difficultés financières n'ont pas tardé à resurgir. Dès juin 2026, l'entreprise avait demandé elle-même son placement en redressement judiciaire, reconnaissant ne plus pouvoir faire face à ses dettes. La décision du tribunal de commerce est intervenue quelques jours plus tard, officialisant une procédure qui menace directement l'emploi dans la région.
Un contexte régional sous tension
Le bassin d'emploi de Lorient et du Morbihan est déjà marqué par plusieurs plans sociaux dans l'industrie. La Fonderie de Bretagne, implantée de longue date dans la zone industrielle de Caudan, est l'un des derniers grands sites de fonderie de la région. Sa possible liquidation porterait un coup supplémentaire à un tissu industriel déjà fragilisé.
Les salariés et leurs représentants syndicaux dénoncent un manque de soutien des pouvoirs publics et une stratégie industrielle qu'ils jugent hasardeuse de la part du repreneur. Du côté de la direction d'Europlasma, on évoque des conditions de marché difficiles et une trésorerie insuffisante pour assurer la pérennité du site.
Une course contre la montre
Les prochains jours seront décisifs pour l'avenir de la fonderie. La direction doit convaincre des investisseurs ou des partenaires financiers d'apporter les trois millions d'euros nécessaires à la poursuite de l'activité. En parallèle, les syndicats espèrent une mobilisation des élus locaux et de l'État pour débloquer des aides exceptionnelles.
Le tribunal de commerce de Lorient se réunira à nouveau le 17 juillet pour examiner la situation. Si la somme n'est pas réunie, la procédure pourrait être convertie en liquidation judiciaire, entraînant la disparition de l'entreprise et le licenciement de ses 245 salariés.