Une page se tourne pour la majorité présidentielle au Sénat. François Patriat, l’actuel président du groupe macroniste et sénateur de Côte-d'Or, a fait savoir qu'il ne se porterait pas candidat lors des élections sénatoriales de septembre prochain. L'élu, qui aura 83 ans après plusieurs décennies de vie parlementaire, met ainsi un terme à un parcours qui l’aura vu incarner l’un des plus fidèles soutiens d’Emmanuel Macron.

Une décision personnelle et politique Cette annonce, confirmée par l'intéressé, intervient alors que son mandat devait arriver à son terme dans quelques mois. En renonçant à un quatrième mandat de sénateur, François Patriat choisit de passer la main alors que son groupe traverse une période de recomposition au sein de la chambre haute.

« J'ai décidé de ne pas me représenter », a-t-il déclaré, expliquant vouloir laisser la place à une nouvelle génération d'élus. Cette décision, prise en amont des sénatoriales de septembre, met un point final à une carrière politique marquée par une loyauté sans faille au chef de l'État. Patriat, souvent présenté comme le premier soutien d'Emmanuel Macron dans l'hémicycle, a participé activement à la construction du groupe macroniste au Sénat, un espace longtemps dominé par les Républicains.

Un symbole pour la majorité Élu sénateur pour la première fois en 2008 sous l'étiquette socialiste, François Patriat a rejoint le mouvement En marche dès 2016, devenant l'un des piliers de la majorité présidentielle au Palais du Luxembourg. En tant que président du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI), il a souvent joué les médiateurs entre l'exécutif et une chambre haute historiquement conservatrice.

Son départ marque la fin d'une époque pour le macronisme parlementaire, alors que le parti Renaissance cherche à renforcer ses positions en vue des prochaines échéances électorales. Les candidats à sa succession ne sont pas encore connus, mais la vacance de son poste pourrait ouvrir des manœuvres internes au sein du groupe.

Un départ qui soulève des questions Avec le retrait de François Patriat, le groupe macroniste perd l'un de ses figures les plus expérimentées et les plus proches du président. Plusieurs observateurs s'interrogent sur les conséquences de cette annonce pour le camp présidentiel, qui doit composer avec une opposition de droite renforcée au Sénat.

Les élections sénatoriales, prévues pour septembre, seront donc l'occasion de renouveler partiellement l'assemblée. Le départ de Patriat pourrait faciliter une ouverture à des candidats plus jeunes ou plus ancrés dans les territoires, mais il prive également le système macroniste d'une voix influente dans une chambre qui pèse sur les réformes législatives.

La fin d'un compagnonnage politique François Patriat quitte ainsi la scène politique nationale, mais il demeure une figure respectée dans son département. Son engagement a marqué plusieurs décennies de vie publique, depuis sa première élection comme conseiller général dans les années 1990 jusqu'à sa présidence du groupe macroniste au Sénat.

En attendant le scrutin de septembre, le groupe RDPI va devoir désigner un nouveau chef de file pour la campagne. Ce changement pourrait également avoir des répercussions sur les alliances et les équilibres politiques au sein de la chambre haute, alors que le gouvernement de Sébastien Lecornu cherche à faire adopter plusieurs textes controversés.

Un départ attendu mais non anodin Si l'information était dans l'air depuis plusieurs semaines, l'annonce officielle de François Patriat a été faite ce mercredi 24 juin. L'élu a souligné qu'il continuerait à siéger jusqu'à son terme et qu'il n'abandonnerait pas ses responsabilités avant la fin de son mandat. Son absence dans le futur hémicycle laisse un vide politique que les stratèges de la majorité devront combler rapidement.

En attendant, la campagne des sénatoriales s'annonce sous haute tension pour la majorité présidentielle, désormais privée de l'un de ses plus solides piliers parlementaires.