La sélection française donne le coup d’envoi de son Mondial 2026 mardi, sur la pelouse du MetLife Stadium dans le New Jersey, face au Sénégal. Ce choc, programmé à 15 heures (19 heures GMT), fait écho à l’une des plus grandes surprises de l’histoire du football : la défaite des champions du monde et d’Europe en titre face aux Lions de la Teranga lors du match d’ouverture de la Coupe du monde 2002, le 31 mai à Séoul.
Un précédent qui pèse sur les esprits
Ce jour-là, les Sénégalais, novices dans la compétition, avaient créé la sensation en s’imposant 1-0, un but de Papa Bouba Diop resté dans les mémoires. La victoire avait provoqué des scènes de liesse populaire dans tout Dakar, au point que le président de l’époque, Abdoulaye Wade, avait décrété un jour férié national. Le Sénégal avait ensuite poursuivi son parcours jusqu’en quarts de finale, tandis que la France, handicapée par la blessure de Zinedine Zidane au quadriceps survenue cinq jours plus tôt lors d’un match amical contre la Corée du Sud, quittait le tournoi sans le moindre but marqué.
Vingt-quatre ans plus tard, les deux équipes se retrouvent pour seulement leur deuxième affrontement en Coupe du monde. La rencontre revêt une dimension particulière : Didier Deschamps, qui n’avait pas participé à ce Mondial raté car il avait pris sa retraite internationale avant, dirige aujourd’hui les Bleus. Son mandat, qui s’achèvera après ce Mondial, l’amène à gérer un groupe favori.
Les Bleus, favoris mais prudents
Classée troisième au classement mondial de la FIFA et finaliste des deux dernières éditions, l’équipe de France aborde la compétition avec un statut de prétendante au titre. Ses cadres offensifs, Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé, mènent une attaque redoutée. Pourtant, le scénario de 2002 sert d’avertissement. Didier Deschamps a souligné lundi, lors d’une conférence de presse au stade, l’importance de l’équilibre émotionnel. « La première rencontre est très importante, mais elle n’est pas décisive. Commencer par une victoire dans un groupe de quatre équipes est idéal et toujours l’objectif », a-t-il déclaré. « Mais la chose que nous ne pouvons ni mesurer ni quantifier, c’est l’aspect émotionnel. Certains joueurs pourraient se crisper avec l’ambiance autour du match. L’idéal est d’être concentré mais aussi détendu. »
Le sélectionneur a qualifié le Sénégal, seizième au classement FIFA, d’adversaire « de très, très haut niveau ». De son côté, les Lions de la Teranga, finalistes de la Coupe d’Afrique des Nations 2002, arrivent aux États-Unis portés par une dynamique et l’ambition de rééditer l’exploit.
Un match sous le signe des statistiques
Selon les projections, la France part avec une nette avance dans les probabilités de victoire, estimées à 64,8 %. Les chances d’un nouveau coup de tonnerre sénégalais sont évaluées à 14,9 %, tandis que le match nul est crédité de 20,3 % de probabilité. Mais les précédents historiques et la fragilité des certitudes dans un tournoi imprévisible incitent à la prudence.
Un contexte international agité
Ce match s’inscrit dans une journée chargée du Mondial. Plus tard, la Norvège, de retour en Coupe du monde après vingt-huit ans d’absence, affrontera l’Irak à Boston, tandis que l’Argentine de Lionel Messi, tenante du titre, jouera contre l’Algérie à Kansas City. L’Autriche et la Jordanie clôtureront la journée en Californie.
L’équipe de France, qui s’est installée dans sa base de Boston mercredi dernier après un dernier match de préparation remporté 3-1 contre l’Irlande du Nord, espère éviter le piège tendu par des Sénégalais qui ont déjà prouvé qu’ils pouvaient faire vaciller les plus grands.