Une frappe aérienne israélienne a coûté la vie à trois membres d’une même famille, dont une fillette de six ans, dans la nuit du 15 juillet à Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza. L’attaque, qui a détruit un appartement, n’a laissé qu’un seul survivant : un enfant, secouru par les équipes de la protection civile palestinienne après que les secouristes eurent éteint un incendie provoqué par le bombardement.
Les victimes ont été identifiées comme étant Omar Abu Qassem, son épouse Asma, et leur fille Habeeba. Leurs corps ont été transportés à l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa, où des funérailles ont eu lieu dans la journée. Selon des responsables sanitaires palestiniens, l’aviation israélienne a mené cette frappe en affirmant avoir ciblé un combattant du Hamas. L’armée israélienne a confirmé l’opération, sans fournir de précisions sur l’identité de la personne visée.
Cette attaque s’inscrit dans un contexte de violations quasi quotidiennes de l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre dernier entre Israël et le Hamas sous l’égide des États-Unis. Bien que les combats au sol aient largement cessé, les frappes aériennes israéliennes se poursuivent sur l’ensemble du territoire. Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 1 100 Palestiniens ont péri depuis la signature de la trêve, dont au moins 275 enfants. L’Organisation des Nations unies estime que 28 % des victimes de cette période sont des enfants, soit une moyenne d’un enfant tué chaque jour.
Des attaques qui frappent aussi les civils et les secouristes
Les jours précédant et suivant le drame de Deir el-Balah ont été marqués par une intensification des opérations militaires israéliennes. Le 12 juillet, une fillette de neuf ans, Tala Abu Matar, a été tuée par des tirs israéliens visant un campement de déplacés à l’est du camp de réfugiés d’Al-Bureij, dans le centre de Gaza. Le même jour, une frappe de drone contre un atelier de ferronnerie dans le quartier de Sabra, à Gaza-Ville, a fait au moins quatre morts, selon l’hôpital Al-Shifa où les blessés ont été admis. L’armée israélienne a indiqué avoir visé une « infrastructure terroriste ».
Le 17 juillet, un raid aérien a frappé un cortège funèbre dans le sud de l’enclave, tuant au moins sept personnes, selon un hôpital local. Vingt autres ont été blessées dans cette attaque, qui visait des proches venus assister aux funérailles d’un Palestinien tué plus tôt dans la journée par l’armée israélienne. Le 18 juillet, des frappes sur des quartiers résidentiels de Gaza-Ville, situés bien au-delà de la ligne que les forces israéliennes sont censées ne pas franchir en vertu du cessez-le-feu, ont fait huit morts.
Le 20 juillet, une frappe aérienne dans la même ville a blessé au moins quatorze personnes, selon les autorités sanitaires locales. La veille, des tirs d’artillerie et des raids aériens avaient déjà visé plusieurs secteurs, dont des tentes abritant des familles déplacées près de Khan Younès.
Une situation humanitaire catastrophique
Les frappes continues aggravent une crise humanitaire déjà dévastatrice. Le ministère de la Santé de Gaza a signalé que, sur une période de vingt-quatre heures mi-juillet, au moins douze corps avaient été amenés dans les hôpitaux et dix-huit blessés admis. Les capacités médicales sont gravement réduites : le manque de fournitures et la destruction partielle des infrastructures sanitaires rendent les soins quasi impossibles pour de nombreux blessés.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, Gaza compte le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde. L’agence onusienne pour la santé sexuelle et reproductive a indiqué que 96 % des enfants de Gaza estiment que la mort est imminente.
Du côté israélien, quatre soldats ont été tués depuis le début de la trêve. Le gouvernement du Premier ministre Benyamin Netanyahou, fragilisé par des élections législatives prévues le 27 octobre, n’a autorisé aucun travail de reconstruction dans l’enclave, et les restrictions à l’entrée de l’aide humanitaire persistent, en violation des termes de l’accord de cessez-le-feu.
L’armée israélienne a par ailleurs étendu son contrôle sur environ 80 % de la bande de Gaza, selon le bureau des médias du gouvernement local. Des blocs de béton et des positions fortifiées matérialisent cette occupation au-delà de la « ligne jaune », qui délimitait initialement les zones sous contrôle israélien.
Des pourparlers sans avancée
Des responsables du Hamas se sont rendus au Caire pour des discussions sur la mise en œuvre de la deuxième phase du plan de paix proposé par le président américain Donald Trump. Ces négociations portent notamment sur le désarmement du mouvement islamiste et le retrait des troupes israéliennes. Selon des sources proches des pourparlers, aucun progrès décisif n’a été enregistré. Les frappes se poursuivent sans relâche, renforçant le sentiment, exprimé par de nombreux Gazaouis, que le cessez-le-feu n’est qu’une « illusion ».