La Russie a mené une attaque aérienne d'envergure contre l'Ukraine dans la nuit du 1er au 2 juin, utilisant des missiles et des drones pour frapper les villes de Kiev et Dnipro. Les autorités ukrainiennes ont fait état d'au moins dix morts et de plusieurs dizaines de blessés.

À Kiev, quatre personnes ont perdu la vie et 58 autres ont été blessées, dont trois enfants, a précisé le maire Vitali Klitschko. Un immeuble résidentiel de neuf étages situé dans le district de Podilskyi, à l'ouest du fleuve Dnipro, s'est partiellement effondré sous les impacts. Dans la ville de Dnipro, six personnes ont été tuées et 33 autres ont été blessées, selon les autorités locales.

Des frappes de grande ampleur

Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a lancé 656 drones et 73 missiles au cours de cette vague de frappes nocturnes. Trente-trois missiles ont atteint leurs cibles. L'attaque intervient plus d'une semaine après que Moscou a menacé de viser des « centres de prise de décision » à Kiev et exhorté les diplomates occidentaux à quitter la capitale.

Le ministère russe des Affaires étrangères avait justifié ces menaces en affirmant vouloir répondre à une frappe de drone ukrainienne qui aurait touché un dortoir universitaire dans la région de Louhansk, sous contrôle russe, tuant 21 étudiants.

Une population sous pression depuis des jours

Depuis cet avertissement, les habitants de Kiev vivaient dans la crainte d'une attaque majeure. Les forces russes ont multiplié les manœuvres aériennes simulant un assaut de grande envergure sans pour autant lancer d'offensive, ce qui a déclenché de fausses alertes et épuisé la population. Les abris antiaériens de la capitale étaient plus fréquentés que d'ordinaire, de nombreuses familles passant plusieurs nuits dans le métro ou sur des parkings.

Dans la nuit de lundi à mardi, dès les premiers drones russes franchissant la frontière ukrainienne, les refuges étaient déjà complets. Ceux qui ont rejoint les abris après le déclenchement des sirènes ont eu du mal à trouver de l'espace pour s'allonger. Les couloirs des stations de métro étaient jonchés de tentes et de tapis de yoga. Des aboiements de chiens et des pleurs d'enfants résonnaient tandis que les familles peinaient à s'endormir.

Des missiles hypersoniques en pleine matinée

Après la levée de l'alerte, alors que les premiers habitants regagnaient leur domicile et que le soleil perçait une épaisse fumée au-dessus de Kiev, les sirènes ont retenti à nouveau. Vers 7 heures du matin, la Russie a frappé la ville avec des missiles balistiques hypersoniques, selon les autorités ukrainiennes, ne laissant que très peu de temps aux personnes pour se mettre à l'abri. Ces tirs ont causé des dégâts supplémentaires et aggravé le bilan humain.