Des combats d'une intensité inégalée depuis l'instauration d'un cessez-le-feu temporaire, le 8 avril, ont opposé les États-Unis et l'Iran dans la nuit du 9 au 10 juin. Au cœur de cette escalade, la destruction de deux réservoirs d'eau potable dans la province du Hormozgan, dans le sud de l'Iran, suscite une vive controverse.

L'armée américaine a justifié ses frappes par la nécessité de répondre à la destruction d'un hélicoptère Apache, survenue mardi à proximité du détroit d'Ormuz. Le président Donald Trump a immédiatement attribué cet incident à l'Iran, affirmant que l'appareil avait été abattu délibérément. Les deux pilotes, a-t-il précisé, sont sains et saufs. Washington qualifie ses raids de « frappes de légitime défense » et de « réponse proportionnée à une agression iranienne injustifiée ».

Des infrastructures civiles touchées

L'état-major américain indique avoir visé des installations de communication et des radars. Les autorités iraniennes, par la voix du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), affirment que des infrastructures civiles ont également été atteintes, notamment à Sirik, Jask, Minab, sur l'île de Qeshm et dans le port de Bandar Abbas. Selon l'agence de presse iranienne WANA, deux réservoirs d'eau en béton, situés dans le district de Bamani, comté de Sirik, ont été détruits. Ces ouvrages fournissent de l'eau potable à plus de 20 000 habitants de la ville de Kouhestak et de dix localités avoisinantes.

Cette frappe sur des installations hydrauliques constituerait la première atteinte rapportée à des infrastructures civiles en Iran depuis plusieurs semaines. Elle intervient dans un contexte de pénurie d'eau sévère que connaît le pays.

Des précédents inquiétants

Ce n'est pas la première fois que des équipements liés à l'eau sont pris pour cible. Le 7 mars, alors que le conflit faisait rage, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait accusé les États-Unis d'avoir frappé une usine de dessalement sur l'île de Qeshm. Cette attaque, selon lui, avait coupé l'approvisionnement en eau de trente villages. « Attaquer les infrastructures de l'Iran est une démarche dangereuse aux conséquences graves. Les États-Unis ont créé ce précédent, pas l'Iran », avait-il écrit sur le réseau social X.

En représailles aux frappes du 9 juin, le CGRI a annoncé avoir visé des bases militaires américaines à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie.

Un processus de paix en suspens

Depuis la trêve négociée par le Pakistan, Washington et Téhéran échangent propositions et contre-propositions sans parvenir à un accord de paix global. Les affrontements de ces dernières heures marquent une dégradation nette de la situation, après une série d'incidents de moindre ampleur.