Au moins onze Palestiniens, parmi lesquels des femmes et des enfants, ont péri et des dizaines d'autres ont été blessés lors de frappes aériennes israéliennes menées jeudi à l'aube sur Gaza ville, ont rapporté des sources médicales et des témoins.

Les appareils israéliens ont frappé au minimum quatre bâtiments d'habitation situés dans les quartiers de Cheikh Radwan et de Tal al-Hawa, ainsi que dans le camp de réfugiés de Shati, provoquant de puissantes déflagrations et semant la panique parmi la population, selon des témoins joints par téléphone.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, présentées comme montrant les conséquences des raids, contiennent des images poignantes de personnes tentant d'évacuer un immeuble en proie aux flammes dans le camp de Shati.

Cible présumée et bilan humain

Parmi les personnes visées figurait, selon des témoins, un commandant du Hamas dans le nord de la bande de Gaza, Hassan Labad, qui a été tué avec son épouse et trois de leurs enfants, rapportent des sources concordantes. Un porte-parole de la Défense civile, dirigée par le Hamas, a précisé que les morts incluaient deux enfants handicapés issus de la famille Labad ainsi que trois femmes.

Des témoins ont indiqué que trois hélicoptères israéliens avaient survolé brièvement la côte de Gaza ville avant de lancer des frappes simultanées sur les bâtiments. L'armée israélienne n'avait pas encore fait de déclaration dans l'immédiat.

Un cessez-le-feu fragile

Ces raids interviennent alors que l'accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis en octobre 2025 est toujours en vigueur, mais régulièrement mis à l'épreuve. Israël justifie la poursuite de ses frappes aériennes en accusant le Hamas de se réarmer et de reconstituer ses forces. Depuis l'entrée en vigueur de la trêve, plus de 940 personnes ont été tuées dans le territoire, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.

Le conflit a été déclenché par l'attaque menée par le Hamas contre le sud d'Israël le 7 octobre 2023, au cours de laquelle environ 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres prises en otage. En représailles, Israël a lancé une campagne militaire à Gaza qui a fait plus de 72 950 morts, d'après les autorités sanitaires locales.

Situation humanitaire critique

Alors que l'attention internationale est en partie détournée vers d'autres foyers de tensions au Moyen-Orient, la situation à Gaza ne cesse de se détériorer. La crise humanitaire s'aggrave, et des informations font état de projets israéliens visant à porter à 70 % la superficie du territoire sous contrôle de l'État hébreu. De précédentes frappes ont déjà visé des responsables du Hamas, dont le nouveau chef de l'aile militaire du mouvement, tué une semaine plus tôt avec sa famille.