Les États-Unis subissent depuis plusieurs jours une dégradation massive de la qualité de l’air en raison des incendies qui ravagent le Canada. La fumée, portée par les vents, a envahi de nombreuses villes du nord-est et du Midwest, provoquant des alertes sanitaires et menaçant le bon déroulement de la finale de la Coupe du monde de football, prévue dimanche dans un stade à ciel ouvert du New Jersey.

Le président américain Donald Trump a vivement réagi sur son réseau Truth Social, dénonçant « un air sale, pollué et nocif pour la santé, dont la qualité représente un danger totalement inacceptable ». Il a accusé les autorités canadiennes de « négligence délibérée », affirmant qu’elles « n’entretiennent pas correctement leurs forêts » et ne procèdent pas aux « opérations de base d’entretien forestier et à l’élimination des débris » qui permettraient de réduire les risques d’incendie. Il a annoncé son intention d’appeler le Premier ministre Mark Carney et menacé d’imposer de nouveaux droits de douane sur les produits canadiens.

950 feux actifs, la plupart inaccessibles

Selon les relevés du Centre interservices des feux de forêt du Canada, près de 950 incendies étaient en activité ce samedi, dont une grande partie dans la province de l’Ontario. Un nombre significatif de ces foyers échappe à tout contrôle. Michael Flannigan, expert en gestion des incendies à l’université Thompson Rivers, explique que « la moitié de ces feux brûlent dans des régions inhabitées ou parsemées de petites communautés autochtones, accessibles uniquement par avion et sans routes pour les pompiers ». Selon lui, même les Canadairs ne permettent que de gagner du temps, et sans intervention au sol dans les trente premières minutes, le feu progresse inévitablement. Il estime en outre que la recrudescence des incendies est liée au changement climatique : « Plus il fait chaud, plus nous voyons d’éclairs, sachant que la moitié des feux de forêt au Canada sont causés par des éclairs. »

Detroit, ville la plus polluée au monde

La fumée a plongé plusieurs grandes villes dans un brouillard jaunâtre. Detroit a été classée vendredi en tête des villes les plus polluées au monde par le site spécialisé IQAir, devant Washington et Chicago. Les autorités sanitaires recommandent d’éviter de sortir ou de porter un masque. À New York, des distributions gratuites de masques ont lieu dans les gares et les bibliothèques. Les services météorologiques américains préviennent que la fumée pourrait s’épaissir samedi matin dans le New Jersey, avant une possible amélioration dimanche grâce à des orages annoncés.

Un impact direct sur la finale du Mondial

La finale qui opposera l’Espagne à l’Argentine au MetLife Stadium se déroulera sous surveillance renforcée. Andrew Giuliani, responsable de l’équipe de la Maison-Blanche chargée de l’organisation du Mondial 2026, a indiqué que les organisateurs « surveillent de près » la situation. L’application officielle de sécurité destinée aux supporters les encourage à rester à l’intérieur ou à porter un masque.

La réponse canadienne

De son côté, la ministre canadienne de la Gestion des situations d’urgence, Eleanor Olszewski, a assuré que les deux pays étaient « en contact permanent », soulignant « la longue histoire de coopération dans la lutte contre les feux de forêt » entre le Canada et les États-Unis. Elle a rappelé qu’Ottawa a investi 12 milliards de dollars depuis 2020 dans la durabilité des forêts et la prévention des incendies. Des investissements que le président américain juge pourtant insuffisants.

La controverse intervient dans un contexte de tensions commerciales déjà vives entre les deux voisins. Donald Trump n’a pas précisé le montant ni la date d’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane qu’il menace d’imposer.