La saison estivale rime de plus en plus avec incendies de végétation. Au-delà des dégâts matériels et écologiques, les fumées qui s’en dégagent représentent une menace croissante pour la santé publique. Un rapport récent de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) confirme que ces épisodes sont associés à une augmentation des consultations aux urgences pour divers problèmes de santé.

Des particules fines classées cancérogènes

Les fumées des feux de forêt contiennent un cocktail de substances chimiques dangereuses : monoxyde de carbone, acide chlorhydrique, phosgène, dioxyde de soufre, aldéhydes toxiques et ammoniac. Le monoxyde de carbone, en particulier, empêche le transport de l’oxygène dans le sang, ce qui peut entraîner asphyxie, maux de tête, nausées, confusion, voire coma en cas d’exposition massive. Les gaz chauds peuvent également provoquer des lésions de la trachée et des brûlures des voies respiratoires.

Mais c’est surtout l’inhalation de particules fines – les PM2,5 – qui préoccupe les spécialistes. D’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres, elles pénètrent profondément dans les poumons. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) les classe comme cancérogènes certains (groupe 1), au même titre que les gaz d’échappement des moteurs diesel ou le benzène. Le Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard explique que ces particules créent « un terrain inflammatoire et favorisent la prolifération des cellules porteuses de certaines mutations, dont la mutation EGFR, ce qui pourrait conduire à la survenue de cancer du poumon ».

Des symptômes immédiats et des effets à long terme

Selon la distance par rapport au foyer, les conséquences varient. À proximité immédiate, la suffocation par le monoxyde de carbone et l’intoxication par les produits chimiques brûlés sont les risques principaux. Les symptômes apparaissent rapidement : maux de tête, nausées, somnolence. Les secours peuvent alors poser une sonde respiratoire et administrer des médicaments pour rétablir une respiration normale.

À distance, même si la concentration de fumée est moindre, l’exposition prolongée aux PM2,5 augmente le risque de maladies respiratoires (asthme, bronchite chronique) et cardiovasculaires (troubles cardiaques). L’Anses confirme dans son rapport un lien statistique entre les incendies de végétation et une hausse des passages aux urgences pour ces pathologies.

Quelles précautions adopter ?

Face à un épisode de fumée, les autorités sanitaires recommandent plusieurs gestes simples. En premier lieu, il convient de limiter ses déplacements et de rester chez soi, fenêtres et portes fermées. Si l’on doit sortir, le port d’un masque de type FFP2 peut filtrer une partie des particules fines. Il est également conseillé d’éviter toute activité physique intense en extérieur, car elle accélère la respiration et donc l’inhalation de polluants.

À l’intérieur, il est utile d’utiliser un purificateur d’air équipé d’un filtre HEPA. En revanche, les climatiseurs qui aspirent l’air extérieur doivent être réglés en mode recyclage. En cas de gêne respiratoire ou de symptômes persistants, il faut consulter un médecin. Les personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, femmes enceintes, patients asthmatiques ou cardiaques) doivent être particulièrement vigilantes.

Alors que le réchauffement climatique allonge et intensifie la saison des feux, ces conseils de protection pourraient devenir un réflexe estival pour des millions de riverains.