Au moins douze personnes ont perdu la vie et neuf autres ont été blessées par balle lors d'une attaque survenue dans la nuit de mardi à mercredi dans le bidonville de Jumpers, situé à l'est de Johannesburg. Selon les autorités, un groupe de plus de dix hommes armés a débarqué du minibus qui les transportait et a mitraillé les habitants à plusieurs endroits du campement avant de prendre la fuite à bord du même véhicule.
La police a été alertée peu après 23 heures. À leur arrivée sur les lieux, les agents ont découvert de nombreuses victimes atteintes par balles. Parmi les morts, neuf hommes et trois femmes ont été identifiés. Neuf personnes supplémentaires, souffrant de blessures par arme à feu, ont été admises dans des hôpitaux de la région, a précisé la porte-parole de la police, le colonel Dimakatso Nevhuhulwi. Les enquêteurs sont toujours à la recherche des assaillants et tentent de déterminer les mobiles de cette tuerie de masse.
Témoignages et hypothèses sur les motivations
Un résident du bidonville, qui s'est exprimé le visage dissimulé devant une chaîne de télévision locale, a indiqué croire que l'attaque était liée à un différend entre mineurs illégaux. Selon lui, après une querelle, certains mineurs avaient quitté la communauté. Ces derniers auraient déjà tenté à plusieurs reprises de semer le trouble sans y parvenir. Il a affirmé connaître l'identité des tireurs mais a exprimé sa réticence à collaborer avec les autorités par crainte de représailles policières. De nombreux mineurs illégaux en Afrique du Sud, surnommés « zama zamas », sont souvent des immigrés sans papiers et constituent une cible fréquente des forces de l'ordre. « Si la police était honnête et digne de confiance, nous pourrions leur dire où trouver les tireurs, car nous les connaissons », a-t-il déclaré.
Contexte sécuritaire et réactions
Le bidonville de Jumpers, dans l'est de Johannesburg, se compose de cabanes en tôle et en bois, serrées les unes contre les autres et formant un dédale de ruelles. La police a souligné que le campement ne dispose que de deux accès. Cette fusillade intervient dans un pays qui connaît un taux d'homicides parmi les plus élevés du monde et où les tueries de masse sont récurrentes. Quelques heures avant l'attaque, le commissaire de police de la province du Gauteng, qui englobe Johannesburg, avait annoncé une baisse de 15 % des meurtres dans la province au premier trimestre de l'année. L'enquête se poursuit pour établir les circonstances exactes du drame et identifier les responsables.