Au lendemain des incidents qui ont émaillé la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions, Gabriel Attal a livré son analyse des faits et esquissé des pistes de réforme. L’ancien Premier ministre, désormais candidat à l’élection présidentielle, estime que ces scènes de casse, observées loin des stades, traduisent un « changement culturel » auquel la société doit s’adapter.
Interrogé sur les affrontements et dégradations survenus dans la soirée du 30 mai, le chef de file de Renaissance a relevé la forte implication de jeunes dans les débordements. « Il y a toujours eu des hooligans dans les stades, aux abords des stades », a-t-il déclaré. « Ce qu’on constate depuis quelques années, c’est que maintenant, la casse, elle se fait même très loin des stades. Et que finalement, quand vous avez une victoire, tout de suite le réflexe pour un certain nombre de jeunes c’est d’aller casser un peu partout dans un certain nombre de villes. »
Un vocabulaire mesuré mais une position ferme
Gabriel Attal s’est gardé d’employer les termes employés par d’autres responsables politiques. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, avait évoqué des « scènes de guerre civile » sur une radio. L’ancien locataire de Matignon a refusé cette comparaison : « Ce ne sont pas les mots que je reprends. En tout cas, il y a un changement culturel. »
Pour y répondre, le député des Hauts-de-Seine prône un renforcement de l’autorité dès l’enfance. « On doit dès le plus jeune âge mettre le respect des règles, la vie en collectivité, le respect de l’autorité au cœur de l’école », a-t-il expliqué. Il propose notamment la « création d’un conseil de discipline dès l’école primaire pour solenniser un certain nombre de sanctions » ainsi qu’un « barème national des sanctions » applicable dans tous les établissements.
Justice des mineurs : des mesures déjà portées
Gabriel Attal a également plaidé pour un « durcissement de notre justice des mineurs ». Lors de son passage à la tête du gouvernement, il s’était déjà saisi de ce dossier et avait fait adopter, en tant que député, une proposition de loi en ce sens. Ce texte avait toutefois été en partie censuré par le Conseil constitutionnel. En septembre 2025, il avait évoqué la possibilité de « changer de cadre, y compris constitutionnel », estimant qu’il est « des cas où un mineur doit être jugé comme un majeur ».
Le candidat à la présidence de la République a insisté sur la dimension éducative de la sanction : « Quelque part, quand vous avez des jeunes qui partent totalement à la dérive et qui font n’importe quoi, il faut évidemment les sanctionner, ça a aussi une valeur d’exemple, une valeur éducative. Mais s’ils en sont là, c’est déjà qu’il y a eu beaucoup de problèmes auparavant. »
Ces déclarations interviennent alors que les autorités ont procédé à de nombreuses interpellations et placements en garde à vue après les violences. Le débat sur la réponse pénale à apporter aux mineurs délinquants devrait occuper une place centrale dans la campagne présidentielle à venir.