La gestion du festival de théâtre « Printemps des comédiens », un événement culturel majeur de Montpellier, fait l'objet de vives critiques de la part des magistrats financiers. Dans un rapport rendu public, la chambre régionale des comptes d'Occitanie étrille la gestion de Jean Varela, qui a dirigé la manifestation pendant plusieurs années, tout en égratignant l'ancien trésorier de l'association, Michaël Delafosse, actuel maire de la ville et figure du Parti socialiste.

Des dépenses jugées excessives

Les magistrats pointent du doigt des « dépenses excessives et injustifiées » sous la direction de Jean Varela. Selon le rapport, l'ancien directeur aurait engagé des frais personnels importants, notamment en matière de voyages et de représentation, sans lien direct avec l'activité du festival. Ces dépenses, qui auraient été imputées au budget de l'association gestionnaire, auraient contribué à fragiliser les finances de la structure.

Les enquêteurs relèvent également des « carences dans le contrôle interne » qui ont permis ces dérives. Des procédures de passation de marchés publics auraient été contournées, et certaines prestations facturées au festival n'auraient pas été justifiées par des prestations effectives.

Le rôle de Michaël Delafosse interrogé

Le rapport ne se limite pas à la gestion de Jean Varela. Il s'intéresse également au rôle de Michaël Delafosse, qui occupait les fonctions de trésorier de l'association pendant une partie de la période examinée. La chambre régionale des comptes lui reproche de n'avoir pas exercé un « contrôle suffisamment rigoureux » sur les comptes de l'organisation. Les magistrats estiment que le maire de Montpellier, en tant que trésorier, aurait dû alerter sur les anomalies et les dépenses excessives commises par le directeur.

Cette mise en cause intervient alors que Michaël Delafosse est régulièrement critiqué par l'opposition locale pour sa gestion de la culture et de l'événementiel. Le rapport financier apporte un éclairage neuf sur les pratiques de gouvernance de l'époque.

Des réponses attendues

Contactés par les enquêteurs, les principaux intéressés ont présenté leurs arguments. Jean Varela, qui a quitté ses fonctions, a contesté les conclusions du rapport, estimant que sa gestion était conforme aux pratiques en vigueur dans le secteur culturel et que les dépenses pointées étaient justifiées par la nécessité de développer le festival. De son côté, Michaël Delafosse aurait indiqué que ses responsabilités de trésorier étaient limitées et que les anomalies relevées ne lui avaient pas été signalées à l'époque.

Le rapport de la chambre régionale des comptes sera désormais transmis aux autorités judiciaires compétentes. Il pourrait donner lieu à des poursuites, notamment pour abus de confiance ou prise illégale d'intérêts. La métropole de Montpellier, principal financeur du festival, devra également se prononcer sur les suites à donner à ces révélations, alors que le « Printemps des comédiens » traverse une passe financière difficile.

Ce dossier ravive les tensions politiques locales, opposant la majorité municipale à ses adversaires, qui réclament une transparence totale sur l'utilisation des fonds publics alloués à la culture.