La candidature de Gianni Infantino à un quatrième mandat à la présidence de la Fédération internationale de football association (FIFA) recueille un très large soutien international. Selon des informations concordantes, plus de 200 fédérations nationales membres, sur les 211 que compte l’instance, se seraient déjà prononcées en faveur du dirigeant suisse. Ce dernier brigue un nouveau mandat qui le maintiendrait en fonction jusqu’en 2031.
La France, dont la position était attendue en raison de son poids diplomatique dans le monde du football, devrait se ranger derrière Gianni Infantino. Cette décision, qui pourrait être officialisée dans les prochains jours, répond à un calcul stratégique : Paris entend préserver ses chances d’obtenir l’organisation de la Coupe du monde 2038. L’Hexagone n’a plus accueilli la compétition depuis 1998 et nourrit l’ambition de renouer avec l’événement planétaire.
Un calcul politique assumé
Pour les autorités françaises, le soutien à Infantino est perçu comme une nécessité. En alignant leur vote sur celui de la majorité des fédérations, elles espèrent ne pas s’attirer les foudres du président sortant, qui pèse lourdement sur les processus d’attribution des grandes compétitions. La Coupe du monde 2038 est un objectif affiché du football français, et toute opposition à Infantino pourrait compromettre ce projet.
La décision française intervient dans un contexte où plusieurs candidatures à l’organisation des éditions futures se dessinent. Outre la France, d’autres nations pourraient se porter candidates pour 2038, et le système d’attribution, centralisé autour du président de la FIFA, rend le soutien à ce dernier quasi indispensable.
Au-delà de la controverse Balogun
La candidature d’Infantino n’est pas exempte de critiques. Des voix, notamment au sein d’associations de joueurs et de certaines fédérations, s’étaient élevées ces derniers mois après la controverse impliquant l’attaquant américain Folarin Balogun. Ce dossier, qui a défrayé la chronique, n’a toutefois pas entamé la dynamique en faveur du président sortant. Les soutiens massifs des fédérations, y compris de la France, montrent que les enjeux diplomatiques et économiques priment sur les polémiques.
Une réélection en vue
Le congrès de la FIFA, qui doit élire le président, est prévu pour 2027. À ce stade, aucun candidat d’envergure ne s’est déclaré face à Infantino. Si la tendance actuelle se confirme, il pourrait être reconduit par acclamation ou avec une écrasante majorité. Ce quatrième mandat lui permettrait de poursuivre les réformes engagées et de superviser les attributions des Coupes du monde 2030 (Maroc, Espagne, Portugal), 2034 (Arabie saoudite) et 2038 (dont la France convoite l’organisation).
La France, en apportant son soutien à Infantino, fait donc un choix pragmatique. Elle mise sur la continuité à la tête de la FIFA pour sécuriser ses propres ambitions footballistiques, quitte à passer sous silence les controverses qui entachent la gouvernance de l’instance.