Les relations entre Rome et Washington connaissent une passe d'armes inédite. Donald Trump a publiquement raillé Giorgia Meloni, l'accusant de l'avoir « supplié » de prendre une photo avec lui en marge du G7 à Évian. « Je ne l'aurais pas fait, mais j'ai eu pitié d'elle », a-t-il lancé sur la chaîne italienne La7, déclenchant une riposte immédiate de la dirigeante italienne.

Une réplique cinglante

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Giorgia Meloni a dénoncé des propos « inventés » et lancé : « L'Italie n'implore jamais ». Le président américain a alors répliqué en l'accusant de perdre en popularité « peut-être parce qu'elle a tourné le dos aux États-Unis, un pays qui aime et protège vraiment l'Italie ». La cheffe du gouvernement italien a clos l'échange en jugeant qu'il s'agissait d'un « spectacle indigne de notre mission ».

Un calcul politique assumé

Pour Lorenzo Pregliasco, fondateur du cabinet de sondages YouTrend, cet épisode permet à Giorgia Meloni « d'envoyer un signal de distance avec Trump, mais aussi d'autonomie et de dignité ». Il souligne que la popularité de la dirigeante reste stable, autour de 40 % d'opinions favorables, l'une des plus élevées d'Europe, tandis que celle du président américain se dégrade en Italie, y compris dans l'électorat de la leader de Frères d'Italie. La hausse des droits de douane américains et les conséquences de la guerre en Iran sur les prix de l'énergie ont contribué à cette défiance.

Un allié devenu encombrant

Giorgia Meloni, longtemps considérée comme la partenaire européenne privilégiée de Donald Trump, affiche depuis le début de l'année des divergences croissantes avec lui, notamment sur le Groenland et le Moyen-Orient. Elle a également pris la défense du pape Léon XIV face aux critiques du locataire de la Maison-Blanche. L'opposition italienne l'accusait depuis des mois d'être sous la coupe du président américain, notamment après sa participation au controversé Conseil de la paix en tant que pays observateur.

Le sommet bilatéral avec Macron

C'est dans ce contexte que la présidente du Conseil italien a rencontré Emmanuel Macron ce jeudi 25 juin à Antibes, pour leur premier sommet bilatéral. Une séquence qui intervient alors que l'Italie cherche à réaffirmer sa place sur la scène internationale, tout en redoutant des mesures de rétorsion commerciales de la part de Washington. Les craintes persistent quant à une éventuelle escalade qui pourrait affecter les exportations italiennes vers les États-Unis.