La brouille diplomatique entre l'Italie et les États-Unis a pris une nouvelle ampleur ce week-end. Le président américain, Donald Trump, a de nouveau pris pour cible la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, sur sa plateforme Truth Social, l'accusant d'avoir « demandé, encore et encore, une photo avec moi pendant la réunion du G7 en France ». Cette déclaration intervient après une interview téléphonique accordée plus tôt dans la semaine à la chaîne italienne La7, au cours de laquelle l'ancien magnat de l'immobilier avait affirmé que Giorgia Meloni l'avait « supplié » de poser à ses côtés.
Une réponse cinglante de la Première ministre
La dirigeante italienne n'a pas tardé à réagir. Vendredi, elle a diffusé sur X une vidéo dans laquelle elle s'est dite « consternée » par les propos de Donald Trump, qu'elle juge « totalement inventés ». « Je ne comprends pas pourquoi le président des États-Unis se comporte ainsi envers ses propres alliés – ce n'est d'ailleurs pas la première fois », a-t-elle déclaré. Samedi, alors que le locataire de la Maison-Blanche enfonçait le clou sur les réseaux sociaux, Giorgia Meloni a riposté en qualifiant d'« insensées » les « attaques constantes et injustifiées » dont elle estime être la cible.
Un climat tendu depuis le sommet du G7
Les tensions entre les deux pays sont apparues au grand jour à l'occasion du sommet du G7 qui s'est tenu mi-juin à Évian, en France. Alors que les chefs d'État et de gouvernement des grandes puissances économiques tentaient de trouver un terrain d'entente sur plusieurs dossiers internationaux, une querelle personnelle a éclaté entre les dirigeants italien et américain. Selon des informations concordantes, Donald Trump aurait critiqué la gestion de Giorgia Meloni, notamment sur la question de l'engagement italien dans la guerre en Iran. Le président américain a notamment ironisé sur la popularité de la Première ministre : « Elle se débrouille mal en Italie en matière de popularité, peut-être parce qu'elle a tourné le dos aux États-Unis d'Amérique », a-t-il écrit.
Des implications diplomatiques lourdes
Ces échanges acerbes ont déjà eu des conséquences concrètes sur les relations bilatérales. Le chef de la diplomatie italienne avait annulé, quelques jours plus tôt, une visite prévue à Washington, en signe de protestation contre les accusations proférées par le président américain. La poursuite de la polémique risque de compliquer davantage la coopération entre les deux pays sur des dossiers sensibles comme la politique commerciale, les questions de défense ou encore les négociations sur le nucléaire iranien. Pour l'instant, ni la Maison-Blanche ni le palais Chigi n'ont fait part d'une volonté d'apaisement. Les échanges sur les réseaux sociaux semblent au contraire indiquer une escalade verbale dont les conséquences diplomatiques restent à mesurer.