L'intelligence artificielle fait son entrée en Coupe du monde de football. Google a annoncé un partenariat avec la Fédération argentine de football (AFA) faisant de Gemini, son assistant fondé sur l'IA, le sponsor mondial principal de l'Albiceleste. L'accord, conclu en mars mais officialisé en mai, prévoit que le logo de Gemini figure sur les maillots d'entraînement de l'équipe championne du monde en titre.

Un laboratoire grandeur nature pour l'IA

Pour Google, cette Coupe du monde représente un test à grande échelle pour son intelligence artificielle. L'outil sera mis à disposition des joueurs et de l'encadrement technique afin d'analyser les actions de jeu, d'étudier les statistiques des adversaires et d'accélérer la prise de décision sur le terrain. Sans détailler l'ensemble des outils internes qui seront utilisés par la sélection argentine, l'entreprise précise que l'objectif est de soumettre Gemini aux conditions de pression maximales d'une compétition professionnelle.

« Il ne s'agit pas seulement d'ouvrir la porte à l'IA, mais de comprendre ses limites réelles tout en améliorant l'expérience », a déclaré Flor Sabatini, porte-parole de Google.

Des fonctionnalités destinées aux supporters

L'initiative ne se limite pas au vestiaire. Le moteur de recherche de Google sera adapté pour fonctionner comme un « compagnon de match » : il fournira des réponses générées par IA aux questions posées en temps réel, décryptant les actions clés et offrant des statistiques approfondies. Les supporters pourront également créer des chants, des mèmes, des dessins animés et autres contenus visuels destinés à animer les échanges sur les réseaux sociaux pendant et après chaque rencontre.

Des accords avec le Brésil et la France

Si l'Argentine bénéficie d'une mise en avant médiatique particulière – sans doute en raison de la notoriété planétaire de Lionel Messi –, Google a en réalité conclu des partenariats similaires avec deux autres grandes nations du football : le Brésil et la France, toutes deux anciennes lauréates de la Coupe du monde. La porte-parole de l'entreprise a souligné que, pour Google, l'événement constitue « le rendez-vous culturel le plus important de l'année », capable de susciter « une émotion partagée » bien au-delà du seul public argentin.

Du côté de la Fédération argentine, cet accord représente une modernisation de l'institution, tiraillée entre la tradition footballistique et la nécessité de valoriser commercialement sa marque.

Un risque d'exposition mondiale

Cette intégration comporte des risques. En déployant l'IA dans les stades de la Coupe du monde, Google l'expose à des millions de requêtes simultanées, à des contextes culturels variés et à l'imprévisibilité inhérente aux résultats sportifs. Toute erreur – une statistique erronée, la génération d'une composition d'équipe fantaisiste ou une image maladroite – bénéficierait d'une visibilité mondiale immédiate.

Les Coupes du monde ont historiquement accéléré l'adoption de nouvelles technologies : de la démocratisation de la télévision couleur à l'utilisation du GPS pour le suivi des entraînements, en passant par l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR). L'IA s'inscrit dans cette lignée. La différence tient cette fois à l'échelle : jamais une entreprise technologique n'avait placé le nom de son intelligence artificielle à la fois sur le torse des joueurs et dans les téléphones portables de millions de fans à travers la planète.