Un mouvement de grève est annoncé dans les six agences de l’eau et à l’Office national de la biodiversité (OFB). À l’origine de cette mobilisation, une coalition de syndicats dénonce ce qu’elle présente comme une dégradation des conditions de recrutement et de rémunération des personnels. Les organisations contestent la multiplication de contrats précaires ou moins-disants en matière salariale.

« On refuse une logique d’agents recrutés au rabais », résument les syndicats dans un appel commun. Leur mot d’ordre : exiger que les postes vacants soient pourvus par des fonctionnaires ou des agents sous statut, bénéficiant d’une grille indiciaire complète, plutôt que par des contractuels payés au niveau le plus bas. Les signataires estiment que la politique actuelle conduit à une perte d’attractivité des métiers de l’environnement et de la gestion de l’eau.

Un recours massif aux contractuels en question

Selon les syndicats, la direction de l’OFB et celle des agences de l’eau auraient accru leur recours aux agents contractuels de droit privé ou public, souvent sur des missions pérennes mais avec des salaires inférieurs à ceux des titulaires. Ce phénomène toucherait notamment les techniciens, les chargés de mission et les personnels administratifs. Les représentants du personnel avancent que cette pratique vise à contourner les règles de la fonction publique et à réduire la masse salariale.

« Nous ne sommes pas opposés à des contrats ponctuels pour des besoins très spécifiques, mais nous ne pouvons accepter que des missions permanentes soient assurées par des personnels précaires et sous-payés », expliquent les porte-parole syndicaux. Ils ajoutent que cette situation nuit à la qualité des services rendus par ces établissements publics.

Des établissements clés de la politique environnementale

L’Office national de la biodiversité, établissement public créé en 2020, est chargé de la police de l’environnement, de la connaissance et de la protection des espèces et des milieux naturels. Les six agences de l’eau, quant à elles, pilotent la politique de l’eau à l’échelle des grands bassins hydrographiques français. Elles collectent des redevances et financent des actions de dépollution, de gestion des ressources et de restauration des milieux aquatiques.

Ces organismes sont aujourd’hui confrontés à des tensions budgétaires récurrentes. Les syndicats pointent un désengagement financier de l’État qui contraindrait les directions à réduire leurs coûts de fonctionnement, notamment en limitant les recrutements de titulaires et en gelant ou supprimant des postes statutaires.

Un préavis de grève pour le 17 juin

Un préavis de grève a été déposé pour la journée du 17 juin 2026. Les syndicats appellent l’ensemble des personnels des agences de l’eau et de l’OFB à cesser le travail pour participer à des rassemblements devant les sièges des établissements. Des actions sont prévues dans plusieurs régions, notamment à Paris, Lyon, Orléans, Toulouse, Rennes et Aix-en-Provence.

En parallèle, les organisations demandent l’ouverture de négociations avec les ministères de tutelle — le ministère de la Transition écologique et celui de l’Action et des Comptes publics. Elles revendiquent la création de postes de fonctionnaires, une revalorisation des grilles salariales et la transformation des contrats précaires en emplois statutaires.

Les syndicats unis

L’intersyndicale regroupe plusieurs organisations représentatives de la fonction publique et de l’environnement. Les signataires de l’appel incluent notamment la CGT, FO, la FSU, Solidaires, l’UNSA et la CFDT. Cette unité syndicale est rare dans ces établissements et témoigne de l’ampleur du mécontentement.

« Il n’est pas acceptable que les métiers de la protection de la biodiversité et de la ressource en eau soient relégués au rang de petits boulots », lance un représentant de la CGT. « Nos collègues contractuels sont souvent moins bien payés que leurs homologues titulaires pour les mêmes tâches », ajoute-t-il.

Une réponse attendue du gouvernement

Pour l’heure, ni le ministère de la Transition écologique ni la direction de l’OFB ou celle des agences de l’eau n’ont officiellement répondu aux revendications. Les syndicats espèrent que la mobilisation du 17 juin forcera l’exécutif à engager un dialogue.

Ce mouvement intervient dans un contexte où le gouvernement mène une réforme de la fonction publique visant à accroître la flexibilité du recrutement et à réduire le nombre de fonctionnaires statutaires. Les agents de l’environnement craignent que leurs établissements ne deviennent des laboratoires de cette politique.

Un impact potentiel sur les missions de police et de gestion de l’eau

Si la grève est suivie, les missions de police de l’environnement (surveillance, contrôles, verbalisations) pourraient être ralenties. Les agences de l’eau, elles, assurent le versement des aides et le suivi de nombreux projets de travaux. Un arrêt de travail prolongé aurait des conséquences sur le calendrier des opérations de terrain et sur les relations avec les collectivités et les usagers.

Les syndicats appellent les salariés à faire grève pour une journée, tout en laissant ouverte la possibilité de reconduire le mouvement si les discussions n’aboutissent pas.