Les comptes de la Sécurité sociale française s'annoncent plus dégradés que prévu pour l'année 2026, sous l'effet des répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient. Un rapport présenté jeudi 28 mai par l'exécutif aux partenaires sociaux indique que toutes les branches du régime général – Assurance Maladie, retraites, famille et accidents du travail – sont désormais en déficit.
Le déficit initialement inscrit au budget, d'environ 19,4 milliards d'euros, pourrait se creuser de près de 4 milliards supplémentaires, selon la commission des comptes de la Sécurité sociale. Cette dégradation est directement liée à l'affaissement de la croissance et à la hausse des prix provoqués par les affrontements dans le Golfe persique.
Un trou qui dépasse les 20 milliards
Alors que le gouvernement escomptait un déficit d'un peu plus de 19 milliards d'euros, les nouvelles projections le portent à au moins 20 milliards. Les effets du conflit au Moyen-Orient, plus longs et plus délétères pour l'économie qu'initialement anticipé, fragilisent l'ensemble du système de protection sociale.
Pour tenter de limiter l'ampleur du déficit, l'exécutif a déjà pris des mesures, notamment le gel des allègements généraux de charges patronales pour 2026. Mais cette décision, qui vise à préserver les recettes, pourrait ne pas suffire face à une crise durable.
Des branches toutes dans le rouge
La branche Maladie concentre l'essentiel du déficit, mais les autres piliers de la Sécurité sociale sont également concernés. Les régimes de retraites, la couverture des accidents du travail et les prestations familiales sont tous en territoire négatif pour 2026. Cette situation inédite illustre l'ampleur du choc que subit le système social français.
Le rapport souligne que la crise au Moyen-Orient a un effet « délétère » sur les comptes sociaux, via un ralentissement de l'activité économique et une poussée inflationniste qui pèsent sur les cotisations et les dépenses.
Des prévisions incertaines
Si le gouvernement a déjà annoncé des mesures correctives, la trajectoire future des comptes sociaux reste conditionnée à l'évolution du conflit et à son impact sur l'économie. Les prévisions pourraient encore être revues à la hausse si la situation au Moyen-Orient s'aggrave ou se prolonge.
La présentation de ces chiffres aux partenaires sociaux vise à les associer à la recherche de solutions pour redresser les comptes. Les discussions s'annoncent difficiles alors que les marges de manœuvre budgétaires sont très limitées.