Le déficit de la Sécurité sociale française devrait se creuser fortement sous l'effet de la guerre au Moyen-Orient, indique un rapport de la Cour des comptes. Les magistrats financiers estiment que le conflit, qui a débuté fin février avec l'intervention en Iran, va entraîner une aggravation du déficit de l'Assurance-maladie d'au moins 3 milliards d'euros en 2026 et de 5 milliards en 2027.

Une détérioration qui touche toutes les branches

Ces prévisions s'ajoutent aux difficultés structurelles déjà existantes. Selon les projections, l'ensemble des branches du régime général – maladie, vieillesse, famille, accidents du travail et recouvrement – devraient être déficitaires dès 2026. La branche maladie, principale concernée par les conséquences du conflit, supporte l'essentiel des dépenses supplémentaires liées aux soins des blessés, à la prise en charge des réfugiés et à l'augmentation des coûts des médicaments et des équipements médicaux.

Les conséquences du conflit sur les comptes sociaux

La Cour des comptes souligne que l'impact du conflit au Moyen-Orient sur les finances sociales est direct et massif. Les dépenses supplémentaires proviennent notamment de la hausse des actes médicaux, de l'achat de matériel de soins d'urgence et de la rémunération des personnels soignants mobilisés. Par ailleurs, la baisse de l'activité économique liée à l'instabilité régionale réduit les recettes de cotisations sociales, accentuant le déséquilibre.

Les projections à 2027 sont encore plus alarmantes, avec un déficit cumulé qui pourrait atteindre 5 milliards d'euros pour la seule branche maladie. La Cour des comptes recommande au gouvernement de prendre des mesures correctives sans délai pour éviter une spirale incontrôlable.

Des tensions sur l'équilibre général

Ce nouveau rapport intervient dans un contexte déjà tendu pour les comptes de la Sécurité sociale. Les précédentes lois de financement avaient déjà prévu un déficit pour 2026, mais les conséquences du conflit au Moyen-Orient le creusent bien au-delà des anticipations. Les branches vieillesse et famille, déjà sous pression démographique, voient également leur situation se dégrader, confirmant que l'ensemble du système est désormais en zone rouge.

Le gouvernement, qui doit présenter un nouveau projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, devra intégrer ces nouvelles données. Plusieurs pistes sont évoquées : hausse des cotisations, réduction des dépenses, ou recours accru à l'emprunt. Mais aucune décision n'a encore été officialisée.

Un contexte international lourd de conséquences

La guerre au Moyen-Orient, entrée dans son troisième mois, a des répercussions bien au-delà des frontières iraniennes. Les perturbations des chaînes d'approvisionnement, la flambée des prix de l'énergie et l'incertitude économique mondiale pèsent sur les finances publiques françaises, dont la Sécurité sociale est un révélateur. La Cour des comptes appelle à une vigilance accrue et à une anticipation des risques pour les années à venir.