Le mois de juin 2026 a été le plus meurtrier pour les populations civiles ukrainiennes depuis le début de l’invasion russe, a annoncé la mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies (HRMMU) mardi 14 juillet. Selon les données vérifiées par l’organisation, au moins 293 civils ont perdu la vie et 1 990 autres ont été blessés au cours des trente jours. Ce bilan dépasse tous les mois précédents depuis avril 2022, deuxième mois du conflit.
Une hausse de plus d’un tiers au premier semestre
Les six premiers mois de 2026 ont enregistré 1 396 décès civils vérifiés, soit une augmentation de 37 % par rapport à la même période en 2025. Ce chiffre représente plus du double de celui de 2024, selon les estimations de la HRMMU. La représentante de la mission en Ukraine, Danielle Bell, a souligné que « les risques auxquels sont confrontés les civils non seulement persistent, mais s’aggravent tant en ampleur qu’en complexité ». Elle a attribué cette aggravation à « l’utilisation de plus en plus fréquente d’armes puissantes qui sont particulièrement meurtrières lorsqu’elles sont utilisées dans des zones urbaines densément peuplées ».
Les frappes russes à longue portée en cause
L’intensification des bombardements russes explique en grande partie ce bond. Environ 45 % des pertes civiles recensées en juin sont liées à des tirs de missiles et de drones à longue portée. Ces frappes ont visé en priorité des villes éloignées de la ligne de front, notamment Kiev et Dnipro. Moscou a profité de la pénurie de munitions antiaériennes dont souffre l’armée ukrainienne, conséquence notamment du détournement de l’aide militaire américaine vers le conflit en Iran.
Les civils russes également touchés
Les autorités russes ont fait état d’une augmentation significative des pertes civiles sur leur territoire. Selon le rapport onusien, 250 civils ont été tués dans des frappes ukrainiennes au cours des six premiers mois de 2026, soit une hausse de 121 % par rapport à l’année précédente.
Un bilan global probablement sous-estimé
Depuis le début de l’invasion le 24 février 2022, l’ONU a recensé 16 431 décès civils confirmés en Ukraine, dont 803 enfants. L’organisation précise toutefois que ce chiffre est très en deçà de la réalité, car elle n’a pu vérifier les pertes dans les secteurs les plus durement touchés au début de la guerre, comme Marioupol et Lyssytchansk, où plusieurs milliers de morts sont présumés.
Un front stabilisé mais des villes exposées
Si les forces ukrainiennes sont parvenues à stabiliser la ligne de front ces derniers mois, l’épuisement des stocks de défense antiaérienne laisse les centres urbains vulnérables aux barrages russes. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky multiplie les démarches auprès des États-Unis et des partenaires européens pour obtenir des équipements de protection supplémentaires. Dans le même temps, les discussions diplomatiques visant à mettre fin au conflit, le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, demeurent au point mort.