L'hôpital Jabal Amel, situé à Tyr, porte les stigmates de la guerre. Lundi dernier, une frappe israélienne a endommagé une partie de ses installations, ajoutant une nouvelle difficulté à une situation déjà critique. Plus au nord, à Nabatieh, les infrastructures sanitaires sont également sous la menace constante des bombardements.
Alors que les affrontements entre l'armée israélienne et le Hezbollah se poursuivent sans relâche, le personnel soignant du Sud-Liban fait face à un afflux constant de blessés. « Les combats font rage sans interruption », confie un responsable hospitalier. Les équipes médicales, bien que soumises à un risque permanent, refusent d'évacuer et laisser leurs patients sans soins.
L'attaque contre l'hôpital Jabal Amel illustre la vulnérabilité des établissements de santé dans cette zone de conflit. Les dégâts matériels causés par la frappe de lundi compliquent encore la prise en charge des victimes. « Cette guerre doit cesser aujourd'hui, pas demain », lance un médecin, exprimant le désarroi et l'urgence d'une désescalade.
Les autorités sanitaires locales peinent à maintenir un approvisionnement régulier en matériel médical et en médicaments, tandis que les coupures d'électricité et l'insécurité permanente entravent le travail des soignants. Malgré tout, les hôpitaux continuent de fonctionner, parfois au ralenti, mais sans jamais fermer leurs portes.
Absence de perspective diplomatique
Sur le terrain, aucun signe d'une trêve imminente n'est perceptible. Les négociations indirectes, souvent évoquées par les chancelleries, n'ont pour l'heure abouti à aucun cessez-le-feu concret. Les bombardements israéliens se concentrent sur ce que l'État hébreu présente comme des infrastructures militaires du Hezbollah, mais les dégâts collatéraux touchent durement les civils et les services essentiels.
Le chef du gouvernement libanais a appelé à plusieurs reprises à une intervention internationale pour protéger les hôpitaux et les écoles, sans obtenir de réponse ferme de la communauté internationale. Les organisations humanitaires, présentes dans la région, dénoncent une « banalisation » des frappes contre des installations protégées par le droit international humanitaire.
Soignants en première ligne
Malgré les risques, le personnel des hôpitaux de Tyr et de Nabatieh tient bon. « Nous sommes habitués à travailler sous les bombes, mais chaque frappe nous rappelle que la vie de nos patients et la nôtre ne tiennent qu'à un fil », témoigne une infirmière. Beaucoup de soignants ont perdu des proches ou ont dû fuir leurs maisons, mais ils continuent de se rendre à l'hôpital.
La communauté médicale libanaise, déjà éprouvée par la crise économique qui frappe le pays depuis des années, voit ses marges de manœuvre se réduire. Les pénuries de médicaments et de matériel se font plus aiguës, et les donateurs internationaux peinent à répondre à l'ampleur des besoins. Pourtant, dans les couloirs des hôpitaux du Sud-Liban, la détermination des soignants ne faiblit pas.
L'armée israélienne, de son côté, affirme viser uniquement des cibles militaires et accuse le Hezbollah d'utiliser les infrastructures civiles comme boucliers. Le mouvement chiite libanais dément ces accusations, tandis que les habitants et les soignants paient le prix fort d'une guerre qui, selon plusieurs observateurs, pourrait s'étendre encore.