Alors que le conflit au Proche-Orient s’intensifie, l’alliance entre l’Iran et le Hezbollah libanais conserve une importance cruciale pour la République islamique. Affaiblie par des mois d’affrontements, la milice chiite reste pour Téhéran un instrument central de projection de puissance.
Un conflit élargi et des trêves fragiles
Les hostilités ont connu une escalade notable depuis le 28 février, date du déclenchement de ce que les observateurs appellent la « guerre d’Iran ». La mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors d’une frappe israélienne sur Téhéran, a provoqué une riposte immédiate du Hezbollah. La milice a tiré des roquettes sur Israël, s’engageant ainsi aux côtés de son allié iranien.
Israël a répliqué par des bombardements aériens sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, et sur d’autres régions du nord du Liban, étendant la guerre à ce pays. L’armée israélienne a également occupé une bande de territoire dans le sud du Liban, qu’elle présente comme une « zone de sécurité » destinée à empêcher les tirs de roquettes vers ses localités. Selon les autorités sanitaires libanaises, près de 3 600 civils ont été tués depuis le début des hostilités, il y a plus de cent jours.
Malgré l’existence d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, la trêve s’avère précaire. L’armée israélienne a frappé des cibles dans la banlieue de Beyrouth après de nouvelles attaques de roquettes imputées au Hezbollah. En représailles, l’Iran a lancé des missiles sur le territoire israélien, provoquant à son tour des frappes israéliennes sur des sites en Iran.
La place du Hezbollah dans la stratégie iranienne
Pour Téhéran, l’un des objectifs prioritaires est de garantir la présence du Hezbollah dans tout accord politique ou négociation de paix. Arman Mahmoudian, spécialiste du Moyen-Orient à l’Université de Floride du Sud, explique que « du point de vue de l’Iran, une préoccupation majeure est actuellement de s’assurer que le Hezbollah soit inclus dans tout accord politique potentiel et les négociations de paix ». Il ajoute qu’un tel accord exigerait des concessions mutuelles.
Il est impératif pour la République islamique que le Hezbollah ne devienne pas une monnaie d’échange. L’enjeu porte sur l’influence régionale de l’Iran. Mahmoudian avertit que si le Hezbollah « continue d’essuyer des tirs israéliens tout en donnant l’impression que Téhéran l’abandonne, cela pourrait avoir des conséquences importantes pour l’Iran et saper la confiance des autres acteurs régionaux alliés – comme les Houthis au Yémen ou les milices chiites en Irak ». Il rappelle que le Hezbollah est entré dans ce conflit « principalement par loyauté envers l’Iran ».
Des implications pour les négociations
Les combats persistants entre le Hezbollah et Israël compliquent les tentatives du président américain Donald Trump de parvenir à un accord avec Téhéran pour mettre fin au conflit. La question de l’inclusion de la milice libanaise dans ces pourparlers reste un point de friction.
Classé comme organisation terroriste par les États occidentaux, Israël, les monarchies du Golfe et la Ligue arabe, le Hezbollah conserve une place centrale dans l’équilibre régional. Pour l’Iran, l’abandonner reviendrait à affaiblir l’ensemble de son réseau d’alliés et de procuration dans la région, ce que Téhéran cherche à éviter à tout prix.