Les violences des gangs armés en Haïti ont causé la mort d’au moins 2 300 personnes depuis le mois de janvier, selon un bilan rendu public lundi par l’Organisation des Nations unies. Ce chiffre, qui inclut également de nombreux cas de viols et de pillages, témoigne de l’aggravation de l’insécurité dans le pays, où les bandes criminelles étendent leur emprise sur plusieurs régions.
L’ONU souligne que la situation humanitaire se dégrade de manière préoccupante. Les gangs contrôlent désormais une partie significative de la capitale Port-au-Prince ainsi que des zones rurales, privant des milliers d’habitants d’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins médicaux. Les déplacements forcés de population se multiplient, et les violences sexuelles sont utilisées comme arme de terreur par les groupes armés.
Un appel à la communauté internationale
Face à cette escalade, les responsables onusiens ont exhorté les États membres à intensifier leur soutien aux autorités haïtiennes. L’organisation réclame notamment le déploiement d’une force multinationale d’appui à la sécurité, capable d’aider la police nationale à reprendre le contrôle des zones sous influence criminelle. L’ONU insiste également sur la nécessité d’un accompagnement politique et économique pour restaurer l’État de droit et endiguer la crise.
Un contexte de troubles persistants
Haïti est en proie depuis plusieurs années à une violence endémique, alimentée par la fragmentation des gangs et la faiblesse des institutions. Les assassinats ciblés, les enlèvements contre rançon et les affrontements entre bandes rivales sont quotidiens. Le nouveau bilan de l’ONU confirme une tendance à la hausse des homicides, alors que le pays peine à organiser des élections et à assurer la sécurité de ses citoyens.
Réactions et perspectives
Plusieurs organisations non gouvernementales ont salué la publication de ces données tout en déplorant que la communauté internationale n’ait pas encore pris de mesures suffisantes. Elles rappellent que les Haïtiens subissent une crise multidimensionnelle, mêlant insécurité, pauvreté et catastrophes naturelles, et que seule une réponse globale permettra d’enrayer le cycle de violence.