Un procès pour des faits d'une particulière gravité s'est ouvert ce lundi 22 juin à Gap. Un enseignant du collège de l'Argentière-la-Bessée, dans les Hautes-Alpes, est jugé par la cour criminelle départementale pour une série de viols et d'agressions sexuelles commis sur des élèves, alors qu'elles étaient âgées de 12 à 15 ans. L'homme, âgé d'une quarantaine d'années, avait été mis en examen en février 2019 après plusieurs plaintes et signalements.

Les premières accusations remontent à 2017. Une mère de famille, également déléguée de parents d'élèves, avait déposé plainte après que sa fille, scolarisée en cinquième, lui a décrit des gestes déplacés : son professeur lui aurait « caressé les fesses » et « donné des coups de fesse » alors qu'elle se trouvait près de son casier. Malgré ce signalement et une plainte officielle, l'affaire avait alors été classée sans suite, l'enseignant justifiant ces gestes comme des « câlins collectifs pour remercier ses élèves ».

Des gestes répétés et une emprise croissante

Durant l'année scolaire 2017-2018, plusieurs collégiennes ont rapporté des comportements similaires. Les enquêteurs ont recueilli des témoignages évoquant des « tirages de bretelles de soutien-gorge », des « massages aux épaules » et des « attouchements sur les fesses ». L'enseignant offrait également des peluches à ses élèves et prenait des photos avec elles, qu'il publiait ensuite sur son compte personnel sur les réseaux sociaux.

En 2018, des accusations plus lourdes ont surgi. Une jeune fille de 13 ans a affirmé avoir été violée par le professeur dans la salle de classe. Une autre collégienne, âgée de 13 ans également, a raconté avoir été contrainte de pratiquer des fellations. Selon son récit, une « complicité intellectuelle » s'était nouée entre eux, débouchant sur une relation « hors du commun » qui a duré près d'un an. Elle se serait rendue à de nombreuses reprises chez l'enseignant. Là, elle aurait été attachée aux mains et aux pieds avant d'être abusée. Aujourd'hui, elle indique souffrir d'envies suicidaires et d'anorexie mentale, rongée par la honte d'avoir été son « esclave sexuelle ».

Une lettre accablante

En 2019, une autre ancienne élève a envoyé une lettre aux enquêteurs. Elle y décrit une scène similaire : « J'étais en 4e, il m'a dit de venir chez lui (…) Il avait une grosse emprise sur moi, il m'a déshabillée malgré mon refus et m'a attaché au lit par les poignets. Il m'a pénétrée, il a fini par me faire un câlin et m'a détachée. » Ce témoignage a contribué à l'ouverture d'une information judiciaire et au placement en garde à vue de l'enseignant en février 2019.

Placé sous contrôle judiciaire après sa mise en examen, l'homme a toujours nié les violences, assurant que les relations étaient consenties. Les avocats des parties civiles, qui représentent aujourd'hui dix collégiennes, dénoncent un système d'emprise installé sur plusieurs années au sein du collège.

Le procès, qui se tient à huis clos en raison de la nature des faits et de l'âge des victimes, devrait s'achever vendredi 26 juin. La cour criminelle des Hautes-Alpes devra se prononcer sur la culpabilité de l'accusé et, le cas échéant, fixer la peine encourue.