Le sénateur Mitch McConnell, figure républicaine de longue date et ancien chef de la majorité au Sénat américain, demeure hospitalisé depuis le 14 juin, sans que son état de santé précis soit connu du public. Âgé de 84 ans, le parlementaire du Kentucky n'a pas voté depuis le 11 juin, et les informations distillées par son équipe se résument à quelques phrases : « Il continue de se rétablir » et « il reçoit d'excellents soins ». Aucune explication n'a été donnée sur la raison de son admission ni sur la nature des traitements administrés.

Des appels d'urgence signalant un arrêt cardiaque Des enregistrements de communications radio des services d'urgence de Washington, diffusés par plusieurs médias, indiquent que des secouristes ont été dépêchés le 14 juin au matin à l'adresse du sénateur pour une personne « inconsciente ». Six minutes plus tard, un employé des pompiers et des secours médicaux a demandé à ce que son supérieur soit informé d'une « réanimation cardio-pulmonaire en cours ». Ces bandes ne mentionnent pas nommément Mitch McConnell, mais les coordonnées correspondent à sa résidence. Interrogé sur ces enregistrements, le bureau du sénateur a refusé tout commentaire.

Des antécédents médicaux récents Cette hospitalisation s'inscrit dans une série d'épisodes sanitaires préoccupants. En février 2026, M. McConnell avait déjà été hospitalisé une semaine pour des symptômes grippaux. En 2023, une chute sérieuse lui avait valu une commotion cérébrale, suivie d'un séjour en centre de rééducation. Victime de la poliomyélite dans son enfance, il se déplace depuis longtemps avec une démarche irrégulière. Au cours des derniers mois, il utilisait un fauteuil roulant pour se rendre du bureau au Capitole, même s'il pouvait encore marcher seul quelques jours avant son hospitalisation.

Conséquences politiques au Sénat L'absence prolongée de Mitch McConnell complique la tâche des républicains, qui ne disposent que d'une courte majorité de 53 sièges contre 47 pour les démocrates. Cette situation a déjà permis à l'opposition de faire adopter une résolution contre la guerre menée par le président Donald Trump en Iran, avec le ralliement de quatre sénateurs républicains. Par ailleurs, la commission des crédits du Sénat a dû reporter une audition prévue fin juin pour faire avancer quatre projets de loi de dépenses, en attendant le retour du sénateur.

Des collègues disent avoir eu des nouvelles Le chef de la majorité, John Thune (Dakota du Sud), et le « whip » John Barrasso (Wyoming) ont indiqué avoir échangé avec M. McConnell après son admission. M. Thune a déclaré que le sénateur était « parfaitement au courant de ce qui se passe » et qu'il suivait les travaux en cours. Le commentateur politique Scott Jennings, proche du camp républicain, a affirmé avoir parlé au sénateur pendant une vingtaine de minutes, lui exprimant le souhait de le voir revenir rapidement. Toutefois, d'autres élus, comme le sénateur Mike Lee (Utah), ont reconnu ne rien savoir de son état, soulignant le manque de transparence.

Un départ programmé Mitch McConnell ne briguera pas un nouveau mandat. Il doit quitter le Sénat en janvier 2027, une fois son terme achevé. Le représentant Andy Barr, du Kentucky, a remporté la primaire républicaine en mai dernier pour lui succéder. En attendant, les regards restent tournés vers l'hôpital où le doyen des républicains poursuit sa convalescence, dans un silence qui alimente les interrogations sur sa capacité à reprendre ses fonctions.