L’armée américaine a annoncé, mardi 7 juillet, avoir lancé des frappes « puissantes » contre l’Iran en représailles aux attaques menées contre trois pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Le commandement central des États-Unis a indiqué que cette offensive visait à « imposer un lourd tribut pour le ciblage et l’attaque de navires commerciaux transportant des personnes innocentes dans une voie navigable internationale ».

Les trois navires ont été endommagés en l’espace de vingt-quatre heures, entre lundi et mardi, selon les données de l’organisme britannique de surveillance du trafic maritime. Aucune revendication officielle n’a été émise par Téhéran, mais Washington a directement imputé ces actes à l’Iran.

Des détonations dans le sud de l’Iran

Des explosions ont été signalées dans la région méridionale de l’Iran, sans que des victimes ne soient pour l’instant confirmées. Le Pentagone a justifié son action en qualifiant l’agression iranienne de « non provoquée, dangereuse et en violation claire du cessez-le-feu ». Un haut responsable américain, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat avant l’annonce officielle, avait prévenu que l’Iran subirait des conséquences et jugé les attaques « totalement inacceptables ». Il a toutefois assuré que les négociateurs américains continueraient de travailler « de bonne foi » à un accord définitif avec l’Iran.

Parallèlement, les États-Unis ont abrogé mardi une dérogation qui levait temporairement les sanctions pétrolières contre l’Iran. Cette licence, qui autorisait Téhéran à vendre du pétrole et des produits pétroliers, faisait partie du protocole d’accord signé entre Washington et Téhéran le mois précédent. Un avis publié sur le site du Trésor américain prévoit une période de transition jusqu’au 17 juillet pour les transactions déjà couvertes par cette dérogation.

Condamnations du Qatar et de l’Arabie saoudite

Le Qatar et l’Arabie saoudite ont condamné les attaques contre leurs navires. Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, a déclaré que son pays tenait l’Iran « pleinement responsable » de l’attaque ciblée contre le pétrolier Al-Rekayyat, alors qu’il transitait à proximité du détroit. Il a exigé que l’Iran « cesse immédiatement toutes les pratiques qui nuisent à la sécurité régionale » et « s’abstienne de mettre en danger les approvisionnements énergétiques mondiaux et les ressources des pays de la région pour poursuivre des intérêts étroits ».

De son côté, le ministère saoudien des Affaires étrangères a indiqué que l’Iran avait visé le pétrolier saoudien Wadyan lors de son passage dans le détroit. Ryad a estimé que ces agressions constituaient « une attaque contre la sécurité et la sûreté de la navigation internationale, et contre la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ».

Réaction iranienne

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, n’a pour l’instant commenté que les accusations qataries, les qualifiant de « contraires au principe de bon voisinage ». Dans un message publié sur Telegram, il a ajouté que les navires commerciaux empruntant des routes non coordonnées avec l’Iran ou modifiant leur signalisation risquent une collision et perturbent les efforts de Téhéran pour « faciliter un transit sûr » dans le détroit.

L’escalade militaire intervient alors que la région du Golfe reste sous haute tension, le détroit d’Ormuz étant une voie maritime stratégique par laquelle transite une part considérable du pétrole mondial.