Jean-Luc Mélenchon a répondu ce mardi 7 juillet aux attaques de Marine Le Pen, en affirmant que la cheffe de file du Rassemblement national « ment » et en la qualifiant de « minable ». Cette sortie intervient alors que la cour d’appel de Paris a rendu son verdict dans l’affaire des assistants parlementaires européens, condamnant Marine Le Pen à 45 mois d’inéligibilité dont 30 mois avec sursis, ainsi qu’à trois ans de prison dont deux avec sursis.

Un échange virulent

Marine Le Pen avait accusé Jean-Luc Mélenchon d’avoir obtenu un non-lieu « pour les mêmes faits », faisant référence à des procédures judiciaires antérieures. Le chef de file de La France insoumise a dénoncé cette comparaison en des termes très durs : « Je la juge minable », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Madame Le Pen ment. » Selon lui, les situations juridiques ne sont en rien comparables, et il a reproché à la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale de tenter de détourner l’attention de sa propre condamnation.

Le verdict d’appel

En première instance, Marine Le Pen avait été condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui la privait de toute possibilité de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. La cour d’appel a réduit cette peine : l’inéligibilité de 45 mois, dont 30 mois avec sursis, ne comporte pas d’exécution provisoire, ce qui permet théoriquement à Marine Le Pen d’être candidate en 2027. Le parquet général avait requis quatre ans de prison dont un an ferme, et cinq ans d’inéligibilité sans exécution provisoire. La décision de la cour d’appel est donc moins sévère que les réquisitions.

Les autres condamnés

Plusieurs autres figures du Rassemblement national ont également été condamnées. Julien Odoul écope de huit mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité avec sursis. Louis Aliot est condamné à un an de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité avec sursis. Wallerand de Saint-Just a été condamné à trois ans de prison avec sursis et un an d’inéligibilité, tandis que Bruno Gollnisch écope de trois ans de prison avec sursis, un an d’inéligibilité et 25 000 euros d’amende.

Réactions politiques

Marine Le Pen a quitté le palais de justice sans faire de déclaration, mais elle doit s’exprimer lors du journal de 20 heures de TF1. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a poursuivi ses attaques en dénonçant ce qu’il considère comme une tentative de victimisation de la part de la députée du Pas-de-Calais. « Elle cherche à faire diversion », a-t-il estimé, en rappelant que les faits reprochés à Marine Le Pen sont des détournements de fonds publics européens avérés par la justice.

Un feuilleton judiciaire loin d’être clos

Marine Le Pen a annoncé son intention de se pourvoir en cassation, ce qui suspend l’exécution de la peine d’inéligibilité ferme. La bataille judiciaire pourrait donc se prolonger pendant plusieurs mois, voire au-delà de l’élection présidentielle. En attendant, la candidate déclarée à l’Élysée conserve la possibilité de mener campagne, même si une éventuelle confirmation de la condamnation par la Cour de cassation pourrait rebattre les cartes. Le duel à distance entre les deux figures politiques n’en finit pas de s’envenimer, chacun accusant l’autre d’instrumentaliser la justice.