L'escalade entre Washington et Téhéran s'est poursuivie samedi avec une huitième nuit de frappes américaines sur l'Iran. L'armée américaine a ciblé les zones de Sirik et de Hajiabad, dans la province méridionale d'Hormozgan, a indiqué le Commandement central des États-Unis (Centcom). Ces bombardements interviennent au lendemain de la mort de deux militaires américains lors d'une attaque iranienne contre une base en Jordanie, une perte que le président Donald Trump a qualifiée de « chose très triste », tout en réaffirmant que son administration ne permettrait jamais à l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.
L'Iran riposte sur plusieurs pays du Golfe
En réponse à ces frappes, les forces iraniennes ont lancé des missiles et des drones contre des installations militaires américaines situées au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn. Le Koweït a fait état de dommages sur une centrale électrique et une usine de dessalement, ainsi que de plusieurs soldats blessés. La Jordanie a annoncé avoir intercepté dix missiles iraniens sans faire de victimes. Le Qatar et Bahreïn ont également rapporté avoir neutralisé des tirs aériens en provenance d'Iran.Les Gardiens de la révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient explosé après avoir heurté des mines dans le détroit d'Ormuz, une allégation formellement démentie par le Centcom, qui l'a qualifiée de « fausse », comme la plupart des déclarations des Gardiens. Le trafic maritime dans cette voie stratégique, qui assure en temps normal le transit d'environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, est quasi à l'arrêt.
Des infrastructures civiles touchées
Les frappes américaines des nuits précédentes ont visé des ponts et des infrastructures énergétiques, provoquant des coupures d'eau dans plusieurs villages du sud de l'Iran. Selon les autorités locales, les bombardements ont fait au moins trois morts et huit blessés dans la province d'Hormozgan. Les autorités provinciales avaient déjà décompté sept victimes lors d'attaques antérieures. Washington affirme n'avoir ciblé que des installations militaires, notamment des sites de surveillance, des entrepôts logistiques, des stockages souterrains d'armes et des capacités navales.
Menaces d'une escalade majeure
Le général Mohsen Rezaei, haut responsable iranien, a averti que si les frappes américaines se poursuivaient, Téhéran passerait à une « offensive à grande échelle » et que « plus aucune frontière politique ne sera sûre ». L'Iran a également demandé aux rebelles houthis au Yémen de se préparer à perturber le trafic en mer Rouge, selon des informations rapportées.
Contexte de la reprise des hostilités
Ces huit nuits de bombardements ont commencé après l'échec d'un accord de cessez-le-feu temporaire que les deux parties avaient signé en juin. Les pourparlers de paix ont volé en éclats, et les frappes se succèdent sans signe d'apaisement. La communauté internationale suit avec inquiétude cette escalade qui fait craindre un embrasement régional.