La Mannschaft a vécu une nouvelle désillusion de taille dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin. Défaite par le Paraguay (1-1, 4-3 aux tirs au but) lors des seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, l'équipe d'Allemagne a dit adieu à son rêve de décrocher un cinquième titre mondial, douze ans après son sacre au Brésil. Ce revers précoce, qui fait suite aux échecs de 2018 et 2022, a provoqué un torrent de critiques dans la presse allemande, qui s'est montrée impitoyable envers les joueurs et leur entraîneur Julian Nagelsmann.

Les quotidiens allemands dénoncent un manque criant de créativité

Dès le lendemain de l'élimination, les unes des journaux outre-Rhin ont été cinglantes. Le quotidien Die Welt a qualifié la prestation de « embarrassante », reprochant à la sélection allemande sa passivité. « Ils ont manqué de vitesse, de créativité et d'inspiration, tant sur le terrain qu'en dehors », a-t-il fustigé. De son côté, la Süddeutsche Zeitung a estimé que le match donnait l'impression que quelqu'un avait « appuyé sur le bouton ralenti », soulignant que l'Allemagne semblait évoluer au ralenti.

Un autre grand quotidien, Bild, a jugé la performance de la Mannschaft « désastreuse », tandis que la Frankfurter Allgemeine Zeitung a évoqué une « humiliation ». Les termes employés par la presse reflètent l'ampleur de la déception dans un pays où le football est roi, et où les exigences de résultats restent très élevées malgré les résultats décevants des dernières années.

Nagelsmann directement dans le viseur

Au cœur des critiques, le sélectionneur Julian Nagelsmann est vivement mis en cause. Plusieurs journaux remettent en question sa stratégie et ses choix tactiques. Die Welt a estimé que l'équipe nationale avait besoin d'un nouveau sélectionneur, évoquant explicitement un « changement d'entraîneur ». Le tacticien de 38 ans, qui avait pourtant suscité un espoir de renaissance chez les supporters avant la compétition, se retrouve aujourd'hui dans une position délicate, sa responsabilité étant engagée dans ce nouvel échec prématuré.

Une remise en question de la stature footballistique allemande

Au-delà des réactions immédiates, cette nouvelle déconvenue nourrit un débat plus large sur le déclin de la sélection allemande sur la scène internationale. La presse étrangère n'a pas été en reste pour souligner que la Mannschaft n'est plus la machine de guerre qui dominait le football mondial. En France, les journaux titrent sur « le déclin d'une nation de football autrefois prestigieuse », tandis que les observateurs internationaux s'interrogent sur la capacité de l'Allemagne à retrouver son rang.

La fierté paraguayenne, contraste saisissant

À l'opposé de la morosité allemande, le Paraguay est en liesse. La qualification de l'équipe sud-américaine pour les huitièmes de finale a été saluée comme un exploit. Le président paraguayen Santiago Peña a décrété un jour férié ce mardi sur son compte officiel, s'exclamant : « Le Paraguay n'abandonne jamais !! Jour férié bordel !! Que tout le Paraguay en profite ! ». Le sélectionneur Gustavo Alfaro a également encouragé le peuple à fêter cette victoire, louant la résilience et le courage de ses joueurs.

Ce succès a impressionné par la combativité déployée face à un adversaire réputé, symbole d'un contraste brutal entre la joie débordante des supporters paraguayens et la sidération qui règne en Allemagne. Le réveil est rude pour la Mannschaft, désormais contrainte de se remettre en question avant les prochaines échéances internationales.