À moins de douze mois de l'élection présidentielle, l'exécutif accélère sa préparation face aux tentatives de déstabilisation extérieure. Sébastien Lecornu a réuni, jeudi 11 juin à Matignon, l'ensemble des forces politiques du pays pour une séance de travail consacrée aux ingérences étrangères. L'objectif affiché est double : faire le point sur les manipulations électorales détectées lors des dernières élections municipales et «identifier les risques» pour les prochains scrutins, selon les termes employés par le chef du gouvernement.

Une réunion interministérielle et sécuritaire

Pour cette rencontre, le Premier ministre s'est entouré de plusieurs membres clés de son gouvernement. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, la ministre des Armées Catherine Vautrin et le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot étaient présents, de même que les directeurs des services de renseignement extérieur et intérieur (DGSE et DGSI), le Secrétaire général de la Défense et de la sécurité nationale (SGDSN) et des représentants de Viginum, le service de l'État chargé de la lutte contre les manipulations en ligne. À l'issue de cette réunion à huis clos, une conférence de presse a été organisée.

Des affaires récentes en toile de fond

Cette initiative gouvernementale intervient dans un contexte marqué par plusieurs affaires récentes d'ingérences présumées. Fin mai, le parquet de Paris a ouvert une enquête portant sur une possible ingérence d'une entreprise israélienne visant des candidats de La France insoumise lors des municipales : Sébastien Delogu à Marseille, François Piquemal à Toulouse et David Guiraud à Roubaix. Viginum avait alors signalé une «campagne malveillante, impliquant un acteur localisé à l'étranger, qui est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation».

Par ailleurs, Laurent Nuñez s'était précédemment engagé à rendre «public» un rapport sur les ingérences étrangères durant les municipales, sans en préciser la date de publication.

Un projet de loi annoncé par le président

Cette démarche s'inscrit dans un cadre plus large de durcissement de la législation. Emmanuel Macron avait annoncé en avril la préparation d'un projet de loi visant à mieux contrer les ingérences numériques. Le chef de l'État avait notamment pointé du doigt la Russie, qu'il accuse d'«acheter massivement en période électorale des millions de faux comptes» sur les réseaux sociaux dans le but d'influer sur le débat démocratique.

Alors que la campagne présidentielle de 2027 s'annonce déjà tendue, l'exécutif cherche à coordonner les services de l'État et à associer les partis à une stratégie de défense commune contre les tentatives de déstabilisation venues de l'étranger.