Contexte démographique

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a dévoilé, ce jeudi, une analyse détaillée de l'immigration en France. Réalisée à partir du recensement de 2025, cette étude dresse le portrait des personnes immigrées installées sur le territoire hexagonal et en Outre-mer. Elle montre que la part des immigrés dans la population totale n'a jamais été aussi élevée, atteignant 11,6 %.

Huit millions d'immigrés recensés

En 2025, la France comptait exactement 8 millions d'immigrés, c'est-à-dire des personnes nées étrangères à l'étranger. Ce chiffre représente une augmentation notable par rapport aux années précédentes, bien que le flux annuel d'entrées ait reflué. En 2024, 313 000 nouveaux immigrés sont arrivés sur le territoire, un nombre inférieur au pic enregistré en 2022.

Origines géographiques

La répartition par continent montre une prédominance africaine : 46 % des immigrés viennent d'Afrique. L'Europe représente 27 % des arrivées, l'Asie 18 % et le reste du monde 9 %. Ces proportions sont stables par rapport aux années récentes.

Solde migratoire historiquement haut

Malgré la baisse des entrées, le solde migratoire – différence entre le nombre de personnes entrant et sortant du territoire – reste à un niveau historiquement élevé. Ce phénomène s'explique par une augmentation de la population résidente totale et par une immigration qui continue de contribuer significativement à la croissance démographique.

Prise en compte de l'immigration irrégulière

L'Insee affirme que ses chiffres intègrent l'immigration clandestine. Loup Wolff, responsable des études démographiques et sociales de l'Institut, a précisé que les données du recensement permettent de capter cette population, même si les marges d'incertitude existent.

Un sujet politique majeur

L'immigration devrait occuper une place centrale dans la prochaine campagne présidentielle. Cette photographie statistique, publiée à un an du scrutin, fournit des éléments objectifs pour nourrir le débat public, dans un contexte où les positions des différents partis sont très contrastées.

Évolution sur le long terme

En 2022, le nombre d'entrées sur le territoire avait atteint un sommet, en partie lié à des facteurs conjoncturels (crise sanitaire rattrapage, situation géopolitique). Le reflux observé en 2024 ramène les flux à un niveau plus proche de celui des années 2010. L'étude souligne que la part des immigrés dans la population française augmente régulièrement depuis plusieurs décennies, passant de 7,4 % en 1975 à 11,6 % aujourd'hui.