Plus de six mois après la tragédie du Nouvel An à Crans-Montana, la procédure judiciaire connaît un nouveau tournant. Les conseils des victimes du sinistre qui a ravagé l'établissement Le Constellation ont officiellement sollicité des autorités judiciaires du canton du Valais un renforcement des accusations pesant sur les gérants du bar, Jacques et Jessica Moretti.
Les avocats demandent que les chefs d'inculpation, actuellement retenus pour homicide involontaire par négligence et incendie par négligence, soient requalifiés en meurtre. Cette démarche s'appuie sur la découverte de messages textes échangés avant le drame, dont la teneur suggère que les propriétaires auraient eu conscience d'un potentiel danger et n'auraient pas pris les mesures nécessaires pour l'écarter.
Des conversations qui changent la donne
Selon des informations obtenues par l'enquête, ces échanges électroniques évoqueraient explicitement les risques liés à l'utilisation de matériaux inflammables dans la décoration du sous-sol où le feu a pris naissance. Les enquêteurs avaient précédemment établi que l'incendie était parti de ce niveau, lorsque des étincelles provenant de mèches fixées à des bouteilles de champagne avaient enflammé de la mousse isolante acoustique installée au plafond.
Pour les parties civiles, ces preuves écrites démontreraient que les copropriétaires du bar ne pouvaient ignorer la menace que faisait peser leur aménagement intérieur sur la sécurité des clients. Le dépôt de cette requête intervient alors que plusieurs responsables locaux, actuels ou anciens, font également l'objet d'une enquête pénale pour leur rôle présumé dans cette affaire. Au total, une douzaine de personnes sont sous le coup d'investigations.
Un bilan humain toujours aussi lourd
Le bilan officiel de la catastrophe survenue dans la nuit de la Saint-Sylvestre reste inchangé : 41 personnes ont perdu la vie et 115 autres ont été blessées, certaines grièvement. Une majorité des victimes étaient des adolescents et de jeunes adultes, présents dans l'établissement pour fêter le passage à la nouvelle année.
Les autorités avaient rapidement confirmé que l'origine du sinistre était accidentelle, mais l'enquête s'est orientée vers d'éventuelles négligences dans la gestion de la sécurité du lieu. Le parquet valaisan doit désormais se prononcer sur la demande de requalification des charges formulée par les avocats des familles endeuillées.
Cette affaire, qui a profondément marqué l'opinion publique en Suisse et au-delà, continue de susciter une vive émotion. La station huppée de Crans-Montana, habituellement fréquentée par une clientèle aisée, avait été le théâtre d'une tragédie humaine d'une ampleur inédite dans la région.