L’enquête sur l’incendie des Corbières, qui a dévasté 16 000 hectares dans l’Aude en août 2025, connaît un rebondissement majeur. Trois agents de l’Office national des forêts (ONF) ont été placés en garde à vue ce mardi 3 juin, a-t-on appris de sources concordantes. Les six jours de lutte avaient permis de maîtriser ce méga-feu, mais les causes de son départ n’avaient pas encore été élucidées.

Des agents forestiers dans le collimateur de la justice

Les trois hommes, tous employés de l’ONF, sont entendus par les enquêteurs pour déterminer leur « éventuelle implication sur les circonstances du départ du feu », selon un communiqué du parquet. L’incendie, parti le 25 août 2025 dans le massif des Corbières, avait rapidement pris des proportions catastrophiques en raison de conditions météorologiques extrêmes et d’une sécheresse persistante. Les investigations se sont orientées vers la piste d’une négligence humaine, potentiellement liée à des travaux forestiers ou à des activités de l’office.

Un an après, la piste criminelle ou accidentelle toujours explorée

Jusqu’à présent, les enquêteurs avaient examiné plusieurs hypothèses, allant d’un départ de feu accidentel à un acte malveillant. La mise en garde à vue de ces agents suggère que l’hypothèse d’une imprudence dans le cadre professionnel est désormais privilégiée. Les auditions se déroulent dans les locaux de la gendarmerie, et les gardes à vue peuvent durer jusqu’à 96 heures pour ce type d’affaire. Les trois hommes sont auditionnés séparément, et leurs téléphones portables ainsi que des documents professionnels ont été saisis.

Un traumatisme pour le département

L’incendie des Corbières reste le plus important qu’ait connu l’Aude depuis des décennies. Il a détruit des centaines d’hectares de forêts, de garrigues et de terres agricoles, et a nécessité la mobilisation de près de 2 000 pompiers, plusieurs avions bombardiers d’eau et des moyens terrestres venus de toute la France. Plusieurs habitations ont été évacuées, mais aucun décès n’a été à déplorer. Le sinistre a également eu un impact économique lourd pour les viticulteurs, éleveurs et exploitants forestiers de la région.

Réactions et silence des autorités

La préfecture de l’Aude et la direction de l’ONF n’ont pas souhaité commenter les auditions, invoquant le secret de l’enquête. Les syndicats de l’ONF, contactés par des journalistes, se sont dits « surpris » par cette mesure et ont rappelé que les agents forestiers sont « formés à la prévention des incendies ». L’un d’eux a précisé : « Si une erreur a été commise, elle sera reconnue. Mais il faut que la justice fasse son travail sans préjugés. »

Les prochaines étapes de l’enquête

Les gardes à vue devraient se poursuivre ce mercredi. À l’issue de celles-ci, le parquet décidera des suites à donner : mise en examen, convocation devant un juge ou remise en liberté. L’enquête, confiée à la gendarmerie, pourrait également inclure de nouvelles expertises sur les lieux du départ de feu. Le maire de la commune la plus touchée, interrogé par la presse locale, a déclaré : « Nous attendons que la lumière soit faite sur ce drame qui a marqué notre territoire à jamais. »

L’affaire relance le débat sur la responsabilité des acteurs publics dans la gestion des risques d’incendie et la nécessité de renforcer les contrôles des travaux en forêt. L’opinion publique, très affectée par l’ampleur des dégâts, suit cette affaire avec une attention soutenue.