Un incident en mer a provoqué une vive réaction diplomatique de Londres. La frégate russe Amiral Grigorovitch a tiré des coups de semonce pour dérouter un yacht battant pavillon britannique, le Bright Future , alors qu’il naviguait à environ 37 kilomètres au sud de l’île de Wight, en dehors des eaux territoriales britanniques.

Selon le ministère russe de la Défense, l’équipage du navire de guerre a estimé que le yacht suivait une route risquant de provoquer une collision. Après avoir tenté de contacter le voilier sans succès, les marins russes ont ouvert le feu en guise d’avertissement, précisant que les tirs n’étaient pas dirigés contre l’embarcation et visaient à éviter un accident.

Alan Kelvey, 70 ans, qui se trouvait à bord du yacht avec son épouse Jane, a contesté cette version. Il a affirmé que les deux navires n’étaient pas sur une trajectoire de collision et a qualifié la communication russe de « mensonges ordinaires ».

Réaction de Londres

Keir Starmer, en marge du sommet du G7 en France, a déclaré que cet incident était « profondément préoccupant » et « téméraire ». Il a jugé que ces tirs « n’auraient pas dû avoir lieu » et qu’ils témoignaient d’une « agressivité russe à travers l’Europe ». Toutefois, le chef du gouvernement britannique a écarté l’hypothèse d’un lien direct avec la saisie, quelques jours plus tôt, d’un pétrolier soupçonné d’appartenir à la « flotte fantôme » russe. Selon lui, l’incident ne révèle « rien de plus sinistre ».

Le ministère britannique de la Défense a qualifié l’événement d’« isolé », précisant qu’il n’était pas lié à l’arraisonnement du navire pétrolier survenu dimanche dans la Manche, une première pour les forces britanniques. Le patrouilleur de la Royal Navy HMS Mersey, qui surveillait alors le passage de l’Amiral Grigorovitch, était présent lors de l’incident.

Contexte géopolitique

Cette altercation maritime survient dans un climat de fortes tensions entre la Russie et les pays occidentaux, en raison de la guerre en Ukraine, qui entre dans sa cinquième année. Les dirigeants du G7, réunis en France, ont annoncé leur intention d’accroître la pression sur Moscou, notamment en renforçant les défenses aériennes ukrainiennes et en resserrant les sanctions économiques.

Le Royaume-Uni, comme d’autres nations, a interdit l’accès de ses ports aux navires liés à la « flotte fantôme » russe et a restreint les services d’assurance et de courtage pour les transports de pétrole russe, source cruciale de revenus pour le Kremlin.

Les navires de guerre russes transitant par la Manche font l’objet d’une surveillance systématique par la Royal Navy. L’incident de mardi a néanmoins ravivé les inquiétudes quant aux risques de confrontation directe entre les forces russes et des navires civils dans cette zone maritime très fréquentée.