L’opposition indienne a connu une escalade majeure de la répression alors que Rahul Gandhi, figure de proue du Parti du Congrès, a été traîné par les forces de l’ordre alors qu’il participait à un rassemblement devant la résidence du chef du gouvernement. Des images montrent des agents emmenant de force le responsable politique ainsi que d’autres dirigeants de la principale formation d’opposition.
Cette intervention survient au lendemain de l’arrestation de plusieurs dizaines de manifestants, pour la plupart des étudiants. Ceux-ci réclament la démission du ministre de l’Éducation, qu’ils tiennent pour responsable des fuites survenues lors des épreuves d’examen médical. La contestation, baptisée « mouvement des cafards » (Cockroach Janta Party), a été lancée par Abhijeet Dipke, qui a promis de maintenir la pression jusqu’à l’obtention du départ du ministre.
Un mouvement qui s’étend
Les protestataires, majoritairement jeunes, exigent également que Narendra Modi et son ministre de l’Intérieur, Amit Shah, quittent leurs fonctions à la suite de ce qu’ils qualifient de répression policière excessive lors des rassemblements de la veille. Le Parti du Congrès a qualifié le traitement réservé à son dirigeant de « honteux ». Un porte-parole du parti a dénoncé l’usage de la force contre un élu et ancien député.
L’activiste Sonam Wangchuk, connu pour ses précédents mouvements de désobéissance civile, a été hospitalisé après avoir entamé une grève de la faim qui dure depuis vingt-quatre jours en soutien aux revendications du mouvement. Il a été transféré dans un établissement privé.
La réponse du pouvoir
De son côté, Narendra Modi a déclaré devant les parlementaires de sa coalition que des mesures fermes avaient été prises contre les personnes impliquées dans les fuites des sujets d’examen. Il s’est efforcé de rassurer les députés sur la détermination du gouvernement à faire toute la lumière sur ces scandales qui érodent la confiance du public dans le système éducatif.
Le Cockroach Janta Party a annoncé qu’il renonçait à organiser une marche prévue devant le siège de la police, mais a réaffirmé sa détermination à poursuivre la contestation. Abhijeet Dipke a précisé que ses partisans n’iraient plus manifester devant le Parlement pour protester contre ce qu’ils décrivent comme de la « brutalité policière ».
Un contexte politique tendu
L’affaire des fuites d’examens médicaux a déclenché une vague de colère dans tout le pays, des milliers d’étudiants et leurs familles estimant que leurs chances de réussite ont été compromises. Les appels à la démission du ministre de l’Éducation se multiplient, et l’opposition y voit une occasion de mobiliser contre la majorité au pouvoir.
L’intervention musclée contre Rahul Gandhi et ses lieutenants marque une intensification de la crise. Si la police justifie l’évacuation par le non-respect des autorisations de rassemblement, les partis d’opposition dénoncent une tentative d’étouffer toute contestation légitime dans un contexte électoral sensible.
La journée de mardi a également vu des heurts entre forces de l’ordre et manifestants dans plusieurs quartiers de la capitale, sans que les autorités n’aient encore communiqué de bilan officiel des blessés ou des interpellations.