Une annonce présidentielle aux conséquences boursières immédiates
L'action Intel a grimpé de plus de 6 % ce jeudi 18 juin 2026, portant sa capitalisation boursière à environ 650 milliards de dollars, après que le président Donald Trump a déclaré qu'Apple s'était engagé à collaborer avec le groupe californien pour la conception et la fabrication de ses puces aux États-Unis. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le locataire de la Maison-Blanche a affirmé qu'Apple avait « accepté de travailler avec Intel pour concevoir et fabriquer ses puces en Amérique ».
Cette annonce intervient dans un contexte de pression accrue de l'administration Trump pour rapatrier sur le sol américain une partie de la production de semi-conducteurs, secteur stratégique dominé depuis des années par Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC). Apple, l'un des plus gros acheteurs mondiaux de semi-conducteurs, fabrique depuis plus d'une décennie la majorité des composants de ses iPhone, Mac et autres appareils à Taïwan, une île que Pékin considère comme une province rebelle.
Un coup de pouce décisif pour Intel
Pour Intel, ce partenariat potentiel représente une bouffée d'oxygène bienvenue. Le géant des puces, qui conçoit et fabrique les processeurs utilisés dans la grande majorité des ordinateurs personnels, avait perdu son avance technologique face à TSMC vers la fin de la dernière décennie. Il avait également raté le virage des processeurs pour téléphones mobiles et du marché en plein essor des systèmes d'intelligence artificielle.
Il y a environ cinq ans, Intel s'était lancé dans un plan ambitieux visant à introduire cinq nouveaux procédés de fabrication en quatre ans, tout en se réinventant comme fabricant pour d'autres concepteurs de puces, en plus de ses propres produits. Mais le groupe peinait à convaincre des clients potentiels, dont Apple, en raison de l'avance de TSMC. L'administration Trump est intervenue en acquérant en août 2025 une participation de 10 % dans Intel pour 8,9 milliards de dollars, une opération destinée à soutenir le fleuron américain.
Dans son message, Donald Trump a détaillé ses efforts pour ramener l'industrie des semi-conducteurs « aux États-Unis ». Il a rappelé que l'administration avait contribué à convaincre Nvidia d'acheter l'année dernière une participation de 5 milliards de dollars dans Intel, puis avait travaillé avec Elon Musk pour négocier un accord avec Intel afin que ce dernier utilise sa technologie pour exploiter une usine de fabrication de puces baptisée Terafab, actuellement développée par le milliardaire.
Un accord à long terme, mais pas immédiat
Ni Apple ni Intel n'ont officiellement commenté l'accord. Interrogé par des journalistes, le groupe dirigé par Pat Gelsinger a refusé de s'exprimer, tandis qu'Apple n'a pas répondu aux sollicitations.
Selon Ben Bajarin, analyste principal chez Creative Strategies, il est peu probable qu'Apple commence à fabriquer des puces avec Intel avant 2028. Les entreprises technologiques passent en effet des années à développer des semi-conducteurs et à évaluer les fabricants avant de lancer leur production. Ce processus complexe prend environ 24 mois. L'analyste estime qu'Apple devrait d'abord confier à Intel un faible volume de production, probablement pour ses ordinateurs Mac, avant d'étendre l'opération aux puces des iPhone.
Le contexte d'un marché sous tension
Cette annonce survient alors que la demande de semi-conducteurs explose en raison de l'essor de l'intelligence artificielle. TSMC, qui peine à répondre à la demande mondiale, construit actuellement de nouvelles usines, mais la concurrence s'intensifie. Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane sur les puces fabriquées à l'étranger par Apple, accentuant la pression sur le groupe à la pomme.
« J'ai décidé d'aider Intel parce que nous devons concevoir et fabriquer nos puces ici même, en Amérique », a écrit le président dans son message, justifiant l'interventionnisme de son administration dans le secteur.
La capitalisation boursière d'Intel, qui culminait à environ 650 milliards de dollars après l'annonce, contraste avec la valeur d'environ 100 milliards de dollars qu'elle affichait en août 2025, lorsque l'État fédéral avait pris sa participation. Le bond du cours reflète l'espoir des investisseurs de voir le fabricant renouer avec les commandes de masse après des années de difficultés.