Une mesure à portée nationale
L'interdiction du téléphone portable dans l'ensemble des lycées de France pourrait être effective dès le 1er septembre 2026. C'est ce qu'a déclaré le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, sur le plateau de Franceinfo, le mercredi 17 juin 2026. Selon ses propos, le texte de loi devrait être promulgué au cours de l'été, ouvrant la voie à une application à la rentrée prochaine.
« Ce sera le 1er septembre, parce que la loi sera très probablement publiée dans l'été », a affirmé le ministre, soulignant l'importance de cette mesure pour les élèves. « Je considère que c'est quelque chose d'absolument majeur pour nos élèves », a-t-il ajouté.
Cette annonce intervient dans le cadre d'une proposition de loi plus large, visant également à restreindre l'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. Le président de la République, Emmanuel Macron, a récemment exprimé son souhait de voir cette restriction entrer en vigueur dès la rentrée 2026. Toutefois, contrairement à la partie concernant les réseaux sociaux, qui nécessite une approbation de la Commission européenne, l'interdiction du téléphone au lycée relève de la seule compétence nationale, facilitant ainsi son adoption rapide.
Un cadre juridique déjà existant
Rappelons que depuis la loi Blanquer de 2018, l'utilisation du téléphone portable est déjà proscrite dans les écoles maternelles, élémentaires et les collèges. L'extension de cette interdiction aux lycées marque une étape supplémentaire dans la régulation de l'usage des smartphones en milieu scolaire. L'année précédente, l'interdiction avait été généralisée à l'ensemble des collèges sur le territoire français.
Des défis d'application
Si la mesure est saluée par certains éducateurs et parents, sa mise en œuvre dans les lycées pourrait se heurter à des difficultés pratiques. Les lycéens, souvent plus âgés et autonomes, pourraient être réticents à se séparer de leur téléphone durant les heures de cours. De plus, la gestion des cas de non-respect de l'interdiction devra être précisée par les établissements. Le ministre a reconnu que l'application de la loi serait un enjeu majeur, mais il s'est montré confiant quant à la capacité des lycées à s'adapter.
Un enjeu de santé et d'apprentissage
Cette interdiction s'inscrit dans une volonté de réduire la dépendance aux écrans et d'améliorer la concentration des élèves. Des études ont montré que l'usage du téléphone portable en classe peut nuire à l'apprentissage et favoriser la distraction. Le gouvernement espère ainsi favoriser un meilleur climat scolaire et limiter les phénomènes de cyberharcèlement.
L'annonce du ministre intervient alors que plusieurs enquêtes récentes alertent sur l'addiction aux smartphones en France. Selon une étude, une proportion significative de la population française serait accro à son appareil mobile, ce qui renforce la nécessité d'une régulation, notamment chez les jeunes.
Un calendrier serré
La loi devra être adoptée par le Parlement avant la fin de la session parlementaire, puis promulguée durant l'été. Si ce calendrier est respecté, les lycées devront se préparer à cette nouvelle règle pour la rentrée de septembre. Les chefs d'établissement et les équipes pédagogiques seront chargés de définir les modalités pratiques de l'interdiction, comme la consignation des téléphones à l'entrée ou leur utilisation contrôlée dans certaines zones.
En attendant, le ministère de l'Éducation nationale devrait diffuser des directives aux rectorats et aux établissements pour faciliter la transition. La mesure, si elle est confirmée, ferait de la France l'un des premiers pays à interdire le téléphone portable dans l'enseignement secondaire public à une échelle nationale.