Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé son intention de rencontrer prochainement les dirigeants des principales entreprises américaines spécialisées dans l'intelligence artificielle. Cette réunion, qui devrait se tenir à la Maison-Blanche dans les jours à venir, portera sur la possibilité pour le gouvernement fédéral de prendre une participation financière dans ces sociétés.

Interrogé à bord d'Air Force One, le chef de l'État a indiqué que l'objectif d'un tel investissement serait de « créer presque un partenariat avec le public américain ». Il a précisé que cette rencontre aurait lieu selon toute vraisemblance la semaine prochaine, sans toutefois nommer les entreprises concernées.

Les géants de l'IA dans le viseur

Parmi les sociétés les plus actives dans le domaine aux États-Unis figurent Google, Microsoft, OpenAI, SpaceX et Anthropic. Deux d'entre elles, SpaceX et Anthropic, devraient être introduites en Bourse dans les prochaines semaines, ce qui pourrait faciliter une éventuelle prise de participation publique. Aucun représentant de ces entreprises n'a pu être joint dans l'immédiat pour commenter cette annonce.

Le même jour, Sam Altman, directeur général d'OpenAI, s'est rendu à Washington où il a rencontré le sénateur Bernie Sanders. Ce dernier a récemment fait savoir qu'il avait l'intention de proposer la création d'un fonds souverain dans lequel l'État américain détiendrait 50 % des entreprises d'IA. Interrogé sur ce projet, Donald Trump a assuré qu'il réfléchissait lui-même à un investissement public dans ce secteur depuis un an, sans pour autant rejeter l'idée du sénateur. Il a estimé que « sur le plan économique, nous avons des positions qui ne sont pas si éloignées ».

Des tensions en voie d'apaisement

Parallèlement, Dario Amodei, directeur général d'Anthropic, avait rencontré de hauts responsables de la Maison-Blanche il y a quelques semaines. Ce rendez-vous intervient alors que l'entreprise est engagée dans un contentieux avec le département de la Défense américain, qu'elle a assigné en justice pour avoir refusé d'accepter de nouvelles clauses contractuelles jugées trop extensives, ce qui a conduit à son exclusion des contrats gouvernementaux. Malgré ce litige, la récente rencontre avec l'exécutif semble indiquer un rapprochement.

Anthropic a d'ailleurs salué publiquement le décret présidentiel de Donald Trump sur l'intelligence artificielle. Jack Clark, cofondateur de la société, a déclaré que son entreprise était « en conversations quotidiennes avec le gouvernement américain et cherche des moyens d'être utile à la sécurité nationale ».

Un contexte politique et stratégique

Cette initiative présidentielle s'inscrit dans un débat plus large sur le rôle de l'État dans le développement de l'intelligence artificielle, secteur considéré comme stratégique pour la compétitivité et la sécurité des États-Unis. Alors que les investissements privés affluent massivement vers ces technologies, la perspective d'une participation publique soulève des questions sur la régulation, la propriété intellectuelle et l'équilibre entre innovation et contrôle étatique.

Aucune date précise n'a encore été communiquée pour cette réunion, mais elle pourrait constituer une étape importante dans la définition de la politique américaine en matière d'IA.