Le mardi 26 mai 2026, les autorités iraniennes ont levé partiellement le blocage total d'Internet qui durait depuis 88 jours. Si certains habitants expriment un soulagement immédiat, la majorité fait état d'une forte déception face à une connectivité qualifiée de « goutte-à-goutte numérique », selon des témoignages recueillis sur place.
Une reprise très limitée
La fin de la coupure totale, imposée depuis mars 2026, ne signifie pas un retour à la normale. Les utilisateurs se plaignent de vitesses de connexion très lentes et d'un accès restreint à de nombreux sites et services. Cette situation nourrit un sentiment de colère et de méfiance à l'égard des autorités. Beaucoup doutent qu'une restauration complète et pérenne d'Internet puisse intervenir à court terme.
Conséquences économiques et sociales
La privation prolongée d'Internet a eu des répercussions profondes sur l'économie et la vie sociale du pays. Les entreprises, en particulier les petites et moyennes structures, ont subi des pertes importantes en raison de l'impossibilité de communiquer avec leurs clients et fournisseurs à l'international. Les travailleurs indépendants et les plateformes numériques ont été durement touchés. Sur le plan social, la coupure a isolé les Iraniens du reste du monde, rendant difficile les échanges avec les proches résidant à l'étranger et limitant l'accès à l'information.
Méfiance persistante
Alors que le gouvernement présente cette levée partielle comme une mesure de bonne volonté, une grande partie de la population reste sceptique. Les restrictions antérieures, notamment le filtrage de nombreux sites et réseaux sociaux, demeurent en vigueur. Les observateurs soulignent que cette décision intervient dans un contexte où les autorités cherchent à contrôler le flux d'informations tout en répondant aux pressions économiques et sociales internes.
Une situation toujours précaire
La communication avec l'extérieur reste difficile, même après le début du rétablissement. De nombreux Iraniens se disent toujours dépendants de solutions de contournement, comme les VPN, dont l'utilisation est par ailleurs réprimée. L'incertitude plane quant à la durabilité de cette réouverture partielle : certains craignent que le gouvernement ne puisse rétablir un blocage total si les manifestations ou les tensions devaient reprendre.
Les conséquences de ces 88 jours de coupure pourraient se faire sentir pendant de nombreux mois, tant sur le plan économique que dans la relation de défiance entre la population et le pouvoir.