Le bilan des interpellations liées aux violences urbaines à Belfast s'élève désormais à 19 personnes, dont un adolescent de 16 ans, ont annoncé les autorités. Ce décompte fait suite à deux nuits d'affrontements sur fond de manifestations convoquées par des militants d'extrême droite après une agression au couteau survenue plus tôt dans la semaine.
Les incidents ont éclaté mardi, peu après que des personnalités, dont le propriétaire de la plateforme X et Tommy Robinson, eurent relayé l'attaque, dont une vidéo explicite avait circulé en ligne. Des hommes masqués ont brûlé des véhicules et des habitations, et obstrué des axes de circulation. Le lendemain, les forces de l'ordre ont eu recours à des balles en plastique et des canons à eau face à des assaillants qui les ciblaient avec des projectiles et des cocktails Molotov.
Appels au calme avant de nouvelles mobilisations
Alors que des rassemblements antiracistes sont annoncés à Belfast et à Glasgow, les services de police exhortent la population à faire preuve de retenue. La cheffe de la commission parlementaire pour la science, l'innovation et la technologie, Chi Onwurah, a adressé une lettre à la secrétaire d'État à la Technologie, Liz Kendall, mettant en cause l'insuffisance des mesures législatives contre la propagation de fausses informations.
« Les troubles à Belfast démontrent que le gouvernement n'a pas suffisamment agi pour endiguer l'ampleur et la rapidité de l'amplification algorithmique de la désinformation en ligne », a déclaré Onwurah. Elle reproche à l'exécutif d'avoir ignoré les alertes de son comité, qui, dans un rapport publié l'an dernier, jugeait le « Online Safety Act » (Loi sur la sécurité en ligne) « inadapté et truffé de lacunes réglementaires ». Ce même texte avait déjà été mis en cause après les violences survenues à Southport, où des algorithmes de réseaux sociaux auraient favorisé la diffusion de contenus nocifs.
La question de la régulation des réseaux sociaux au cœur du débat
L'escalade de la semaine révèle les failles persistantes du cadre britannique encadrant les plateformes numériques. Les messages appelant au désordre, diffusés via des applications de messagerie cryptée et des réseaux traditionnels, interrogent sur l'efficacité des moyens de contrôle. Les élus soulignent que sans mécanisme contraignant, les algorithmes continuent de propager des récits mensongers à grande vitesse.
Les forces de l'ordre, de leur côté, maintiennent une présence renforcée dans les quartiers touchés afin de prévenir toute nouvelle flambée de violence. Aucun blessé grave n'a été signalé parmi les civils, mais plusieurs agents ont été légèrement atteints lors des confrontations. L'enquête sur l'agression initiale au couteau se poursuit, sans que le lien entre cet incident et les émeutes ne soit encore officiellement établi par les enquêteurs.